Publié le 26 février 2026 à 08h35. L’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro, détenu à Brooklyn, se retrouve dans une situation délicate : les sanctions américaines pourraient l’empêcher de financer sa défense, compromettant ainsi sa capacité à faire valoir ses droits devant la justice américaine.
L’accès de Nicolás Maduro à une représentation juridique adéquate est désormais menacé par des restrictions financières imposées par les États-Unis. Sa défense a alerté le juge Alvin Hellerstein, dans une lettre datée de ce mercredi, sur l’impossibilité de payer ses avocats en raison du blocage des fonds par les sanctions américaines.
Maduro est actuellement détenu au centre de détention métropolitain de Brooklyn, en attendant son procès à New York. Il dépend entièrement de son équipe juridique pour préparer une défense dans cette affaire complexe, à la fois judiciaire et politique. Le gouvernement du Venezuela et Maduro lui-même sont soumis à des sanctions du Département du Trésor américain, ce qui nécessite une autorisation spéciale pour tout transfert de fonds.
Les avocats de Maduro ont sollicité cette autorisation début janvier afin de pouvoir le représenter et d’accepter les paiements de l’État vénézuélien, qui s’engage à prendre en charge les frais de défense du président et de sa femme, Cilia Flores. Une licence a été accordée le 9 janvier, mais, selon la lettre de la défense, elle a été modifiée moins de trois heures plus tard, sans explication, spécifiquement dans le cas de Maduro.
La défense souligne que cette modification de la licence interdit désormais au gouvernement vénézuélien de payer les honoraires des avocats de Maduro. En revanche, la licence de Cilia Flores, également accusée, n’a pas été modifiée. La défense affirme que cette décision prive Maduro de tout moyen de financer sa défense, arguant que
« M. Maduro ne peut pas se permettre les services d’un avocat par d’autres moyens »
Lettre de la défense au juge Hellerstein
et que les autorités américaines interfèrent ainsi avec son droit à une défense équitable.
Pour l’instant, l’avocat Barry Pollack ne demande pas d’intervention immédiate du juge. Il a indiqué qu’une demande de rétablissement de la licence originale a été soumise le 11 février, mais qu’aucune réponse n’a encore été reçue. Cependant, il a prévenu que si la situation ne change pas, une requête officielle sera déposée auprès du tribunal.
En attendant, depuis sa cellule de Brooklyn, Maduro mène une bataille parallèle à celle qui se déroule devant les tribunaux : celle d’obtenir les ressources nécessaires pour assurer sa défense dans une procédure qui déterminera son avenir aux États-Unis.