Publié le 20 février 2026 à 21h26. Des partisans de l’opposante vénézuélienne María Corina Machado ont été la cible d’une intrusion armée dans leur domicile à Caracas, le jour même de l’adoption d’une loi d’amnistie controversée, soulevant des inquiétudes quant à la sincérité des efforts de réconciliation politique au Venezuela.
- Magalli Méda, collaboratrice de María Corina Machado, a dénoncé l’intrusion de 16 hommes armés dans sa maison à Caracas.
- L’incident s’est produit le jour de l’approbation par le Parlement vénézuélien d’une loi d’amnistie.
- Magalli Méda et d’autres opposants avaient trouvé refuge à l’ambassade d’Argentine avant d’être transférés aux États-Unis en mai 2025.
Magalli Méda, proche collaboratrice de la figure de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado, a rapporté avoir été victime d’une intrusion armée dans sa résidence de Caracas jeudi soir. Selon son témoignage, un groupe de 16 individus armés a pénétré dans son domicile avec l’intention de « détruire et de s’emparer de tout ce qu’ils pouvaient ».
Méda, qui vit désormais hors du Venezuela après avoir fui le pays l’année dernière avec d’autres opposants, a précisé que les assaillants sont arrivés dans six fourgonnettes et ont passé plusieurs heures à fouiller sa maison, volant des biens et laissant des panneaux indiquant « Sécurisé » et « Saisi ». Elle avait auparavant trouvé refuge à l’ambassade d’Argentine à Caracas, où elle et d’autres collaborateurs de Machado avaient été assiégés par les autorités vénézuéliennes.
Cet incident intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, le jour même où le Parlement vénézuélien a adopté une loi d’amnistie. Méda a immédiatement dénoncé cette loi comme une façade, affirmant que tant que des prisonniers politiques resteront incarcérés et que la répression se poursuivra, il n’y aura pas de véritable transition démocratique au Venezuela.
« De quel genre d’amnistie s’agit-il ? Pour qui et dans quelles conditions ? »
Magalli Méda, collaboratrice de María Corina Machado
Sur son compte X, Méda a souligné que le message est clair : « Il n’y aura pas d’amnistie, pas de liberté, pas de propriété, pas de prospérité, pas de droit d’affronter les criminels tant que le gouvernement entend appliquer cette « loi » et ce « pardon » ». Elle a également rappelé qu’elle avait déjà été victime d’une perquisition en mai 2025, au cours de laquelle 13 hommes armés avaient fouillé sa maison et emporté des cartons remplis d’effets personnels.
Elle a ajouté que le lendemain, la maison de sa mère avait également été perquisitionnée, sa voiture volée et la résidence scellée, interdisant tout accès.
La loi d’amnistie a été approuvée jeudi à l’unanimité par le Parlement, présentée par le camp chaviste comme une opportunité de jeter les bases d’un nouvel avenir politique. Cependant, des organisations non gouvernementales et des secteurs de l’opposition ont exprimé des doutes quant à la possibilité d’une véritable réconciliation.
Méda avait trouvé asile à l’ambassade d’Argentine de mars 2024 à mai 2025, après que le parquet vénézuélien a émis un mandat d’arrêt contre elle pour des accusations de trahison et de complot. En mai 2025, les États-Unis ont confirmé que les opposants hébergés dans la résidence diplomatique argentine avaient été transférés sur le territoire américain.