Home Santé Maldini et les autres : la micro-mutation d’ARN qui transmet l’habitude du fitness de père en fils

Maldini et les autres : la micro-mutation d’ARN qui transmet l’habitude du fitness de père en fils

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Publié le 2025-10-16 06:50:00. Une nouvelle étude publiée dans *Cell Metabolism* apporte un éclairage scientifique sur la transmission intergénérationnelle des talents sportifs, suggérant que l’exercice physique peut induire des changements épigénétiques chez les pères, bénéficiant potentiellement à leurs fils.

Le célèbre héritage du talent dans le football, de Cesare à Paolo Maldini, puis à Daniel, pourrait avoir une explication biologique profonde. Des chercheurs des universités chinoises de Nanjing et de Shenzhen, sous la direction de Xin Yin, ont publié une étude suggérant que l’entraînement physique peut modifier l’ADN des pères de manière à influencer les aptitudes de leurs enfants, notamment de sexe masculin.

Cette piste scientifique s’applique à de nombreuses dynasties du football, comme Sandro Mazzola, fils du légendaire Valentino, ou Giovanni Simeone, fils de Diego « Il Cholo ». D’autres exemples abondent : Fabio Cudicini, gardien emblématique des années 1960, dont le père Guglielmo était aussi footballeur, et le fils Carlo, qui a brillé à Chelsea et à Los Angeles Galaxy. Les Français Marcus Thuram (Inter) et son frère Khéphren (souvent cité dans les équipes de jeunes) descendent du roc défensif Lilian Thuram. Francisco Conceição (actuellement à la Juventus) suit les traces de son père Sérgio, un ancien ailier réputé. Enfin, Federico Chiesa, qui a quitté la Juventus pour Liverpool, est le fils d’Enrico Chiesa, figure marquante des attaques de la Sampdoria.

La multiplication de ces cas, bien au-delà des frontières italiennes, suggère qu’il ne s’agit pas d’une simple coïncidence. L’étude chinoise avance que l’entraînement sportif induit des variations épigénétiques chez le père, des modifications qui peuvent être transmises à la génération suivante, en particulier aux fils. Cet héritage épigénétique paternel semble être plus prononcé que celui potentiellement transmis par la mère. Bien que la forme physique maternelle durant la grossesse soit reconnue pour améliorer la santé métabolique, la cognition et la résistance physique des enfants, l’étude suggère un avantage spécifique lié à l’héritage paternel.

Plus précisément, l’héritage paternel se transmettrait via des microARN modifiés par l’exercice. Ces ARN, véhiculés par les spermatozoïdes, induiraient des améliorations musculo-squelettiques chez les enfants. Ils pousseraient également les mitochondries des cellules musculaires à privilégier les acides gras comme source d’énergie plutôt que les sucres, optimisant ainsi la résistance à l’effort. Ce mécanisme serait activé par le PGC-1α, un régulateur de la fonction mitochondriale, favorisant l’homéostasie du glucose et son absorption accrue par le muscle squelettique, où il est stocké sous forme de glycogène.

Même sans entraînement direct, les enfants de pères athlétiques semblent bénéficier d’une capacité aérobie accrue et d’un meilleur profil métabolique. Cela se traduit par des adaptations physiologiques et métaboliques bénéfiques, notamment au niveau cardiovasculaire, comme l’hypertrophie physiologique du ventricule gauche, couramment appelée le « cœur de l’athlète ».

Les chercheurs chinois ont mené leur étude sur des souris, comparant celles entraînées sur des roues d’exercice à celles sédentaires. Ils ont identifié 7 microARN mutés chez les souris entraînées qui se retrouvent également dans le sperme des hommes pratiquant un entraînement. Cela suggère une probabilité d’au moins 70 % que le talent footballistique, par exemple, se transmette de père en fils via ces mécanismes épigénétiques.

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