Publié le 18 février 2026 à 06h30. Malgré les efforts déployés pour lutter contre la violence dans le secteur de la santé, la situation reste préoccupante : près des deux tiers des professionnels de santé ont été victimes d’agressions en 2024, un chiffre qui n’a quasiment pas évolué depuis 2020.
- En 2024, près de six employés sur dix du secteur de la santé et du bien-être ont déclaré avoir subi des agressions de la part de patients ou de leurs proches.
- Ce taux est comparable à celui observé en 2019, avant la pandémie de Covid-19.
- Les travailleurs sociaux et les conseillers en santé mentale sont particulièrement exposés à ces risques.
La violence à l’encontre du personnel soignant reste un problème majeur aux Pays-Bas, malgré les initiatives mises en place pour la prévenir. Selon les données publiées par l’Office central de la statistique (CBS), 58 % des employés du secteur de la santé et du bien-être ont été victimes d’agressions en 2024. Ce chiffre, qui n’a pratiquement pas bougé depuis 2020, souligne la persistance de ce fléau.
En 2019, avant l’arrivée de la pandémie de Covid-19, le pourcentage d’agressions était déjà élevé, atteignant environ 60 %. La crise sanitaire n’a donc pas eu d’impact significatif sur cette tendance, malgré les tensions et les pressions accrues sur le système de santé.
En signe de protestation contre ces violences, les professionnels de santé avaient observé une minute de silence en 2024, suite au décès d’une employée d’un établissement de santé mentale à Heerlen, victime d’une agression au couteau. Plus d’informations sur cet événement.
Les hôpitaux ont renforcé leurs mesures de sécurité et mis en place des dispositifs de signalement pour permettre aux employés de dénoncer les incidents. De plus, de nombreux établissements de santé ont investi dans la sécurité en embauchant des agents de sécurité. Coût de la sécurité dans le secteur de la santé mentale.
L’enquête du CBS révèle que près de la moitié des agressions sont verbales (cris, insultes), un quart relèvent du harcèlement, et un employé sur cinq a été victime d’une agression physique. Environ 10 % des travailleurs de la santé ont également signalé avoir été menacés ou intimidés.
Les travailleurs sociaux et les conseillers en santé mentale sont particulièrement vulnérables : près de huit employés sur dix de ces professions déclarent avoir subi des agressions. Ils interviennent souvent auprès de personnes souffrant de troubles mentaux ou de handicaps, ce qui peut expliquer cette exposition accrue.
Les hommes sont plus souvent victimes de menaces et d’intimidation, tandis que les femmes sont plus susceptibles d’être confrontées au harcèlement sexuel. Les jeunes employés sont également plus exposés aux agressions que leurs collègues plus âgés.
Les employés qui se sentent surchargés de travail sont également plus susceptibles d’être agressés par les patients (68 % contre 54 % pour ceux qui estiment avoir une charge de travail raisonnable).
Enfin, l’enquête du CBS révèle qu’environ un employé sur trois est également confronté à des problèmes de harcèlement de la part de ses collègues ou de ses supérieurs, notamment par le biais d’insultes, de moqueries ou d’exclusion.
Malgré ces difficultés, les professionnels de santé qui subissent des agressions restent généralement attachés à leur métier. Cependant, ils sont plus susceptibles de souffrir de fatigue psychologique (19 % contre 12 % pour les autres) et de se sentir frustrés par leur travail.
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