Publié le 16 février 2026 à 02h16. Une étude internationale d’envergure suggère qu’une alimentation riche en végétaux et un apport suffisant en certains micronutriments pourraient réduire le risque de cancer du sein et améliorer la survie des patientes, soulignant l’importance de l’alimentation comme facteur de prévention potentiellement modifiable.
- Une alimentation à base de plantes est associée à une diminution du risque de cancer du sein et à une meilleure survie après un diagnostic.
- Un apport élevé en calcium, en vitamines B2 et C, en magnésium et en phosphore est lié à une mortalité réduite, tandis qu’une consommation excessive de sodium augmente le risque de décès.
- Les modèles prédictifs basés sur l’alimentation et les micronutriments montrent une discrimination modeste, mais pourraient aider à identifier les patientes à risque.
Des recherches récentes, publiées dans la revue Frontiers in Nutrition, ont examiné le lien entre les habitudes alimentaires, l’apport en micronutriments et le risque de cancer du sein, ainsi que la survie des patientes atteintes de cette maladie. Les résultats de cette étude, menée sur de vastes cohortes internationales, ouvrent de nouvelles perspectives sur la prévention et la prise en charge du cancer du sein.
L’étude a analysé les données de deux cohortes prospectives : la UK Biobank, comprenant 67 045 personnes sans cancer du sein initialement et 3 397 femmes diagnostiquées, et la Chinese Longitudinal Healthy Longevity Survey (CLHLS), qui a suivi 7 431 participants sans cancer du sein. L’apport alimentaire a été évalué à l’aide de questionnaires et de rappels alimentaires validés. Les chercheurs ont ensuite utilisé des modèles statistiques avancés pour évaluer les associations entre l’alimentation, les micronutriments et les résultats en matière de cancer du sein.
Les résultats ont révélé que les femmes ayant une adhésion plus élevée à un régime alimentaire sain à base de plantes, mesurée par l’indice HPDI (Healthful Plant-Based Diet Index), présentaient un risque réduit de développer un cancer du sein (une diminution de 11 % chez celles du tertile supérieur par rapport à celles du tertile inférieur). De plus, chez les femmes déjà atteintes d’un cancer du sein, une adhésion plus élevée à l’HPDI était associée à une réduction de 28 % du risque de mortalité toutes causes confondues.
L’analyse des micronutriments a mis en évidence des associations spécifiques avec le risque de cancer du sein et la survie. Un apport plus élevé en calcium, en magnésium, en cuivre et en vitamine C était corrélé à un risque plus faible de cancer du sein. Chez les patientes, un apport plus élevé en calcium, en phosphore, en magnésium et en vitamine B2 était associé à une mortalité réduite. En revanche, une consommation excessive de sodium augmentait le risque de mortalité de 15 %.
Les modèles prédictifs développés dans le cadre de cette étude ont montré une capacité de discrimination modeste, mais prometteuse. Les micronutriments seuls se sont avérés plus performants pour prédire l’incidence du cancer du sein, tandis que l’HPDI a montré les meilleures performances pour prédire la mortalité sur cinq ans. Les modèles combinant les deux approches ont donné les meilleurs résultats à long terme (10 ans).
Bien que cette étude ne puisse pas établir de lien de causalité en raison de sa conception observationnelle, elle souligne l’importance de l’alimentation comme facteur de risque modifiable dans le développement et la progression du cancer du sein. Les résultats suggèrent qu’une alimentation riche en végétaux et un apport suffisant en certains micronutriments pourraient contribuer à réduire le risque de cette maladie et à améliorer la survie des patientes. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer les mécanismes biologiques sous-jacents.
Référence du journal :
- Xu, W., Gu, W., Huang, Y., Li, S., Liu, H., Zhu, X. (2026). Plant-based dietary patterns, micronutrient status, and breast cancer outcomes: a joint analysis of the UK Biobank and the Chinese Longitudinal Healthy Longevity Survey. Frontiers in Nutrition12. DOI : 10.3389/fnut.2025.1748611, https://www.frontiersin.org/journals/nutrition/articles/10.3389/fnut.2025.1748611/full