Publié le 2025-11-02 09:44:00. Une nouvelle étude parue dans les Annals of Internal Medicine suggère que la manière dont nous cumulons nos pas quotidiens pourrait influencer significativement nos bénéfices pour la santé. Les données indiquent que des promenades plus longues et continues seraient plus bénéfiques que de multiples courtes sorties.
- Les personnes effectuant leurs pas en marches régulières de plus de 15 minutes affichent un risque de mortalité réduit de 80 % et un risque de maladies cardiovasculaires inférieur de près de 70 % sur une décennie, comparativement à celles dont les pas proviennent majoritairement de sorties de moins de cinq minutes.
- Ces conclusions restent corrélatives et ne prouvent pas un lien de causalité direct, mais ouvrent la voie à l’idée que la continuité de l’effort est nécessaire pour une assimilation optimale des bienfaits physiologiques.
- L’étude, qui a analysé les données de plus de 34 000 participants britanniques équipés d’accéléromètres, a contrôlé le nombre total de pas afin de se concentrer sur leur durée et leur espacement.
Dans la quête d’une meilleure santé, le nombre de pas quotidiens est devenu un indicateur clé, maintes fois validé par la recherche scientifique pour réduire les risques de démence, de diabète de type 2 et d’autres affections. Cependant, la façon d’atteindre ce total reste une zone moins explorée. La récente analyse parue dans les Annals of Internal Medicine se penche justement sur cette question, comparant les effets d’une marche continue à ceux d’une multitude de courtes sorties, tout en maintenant un nombre de pas similaire entre les groupes étudiés.
Les résultats sont notables : les participants dont les pas provenaient majoritairement de marches d’une durée supérieure à 15 minutes ont présenté une réduction spectaculaire de leur risque de décès (toutes causes confondues) de 80 %. De plus, leur probabilité de développer des maladies cardiovasculaires sur une période d’environ 10 ans a été diminuée de près de 70 % par rapport à ceux qui privilégiaient des sorties de cinq minutes ou moins. Ces chiffres sont d’autant plus marquants que le groupe le plus sédentaire (moins de 5 000 pas par jour) a montré une amélioration particulièrement significative en adoptant des marches plus longues. Les chercheurs ont suivi 34 000 personnes au Royaume-Uni pendant environ une semaine, enregistrant leurs déplacements à l’aide d’accéléromètres. Ces pas pouvaient correspondre à diverses activités, de la promenade dans un parc pour les marches les plus longues à des tâches ménagères légères pour les plus courtes.
« Nous ne disons pas que des séances plus courtes ne fonctionnent pas », précise Borja del Pozo Cruz, épidémiologiste à l’Université européenne de Madrid et auteur principal de l’étude. « Mais il semble qu’il soit préférable d’accumuler les pas sur des périodes plus longues. » Cette observation est soutenue par l’idée que le corps aurait besoin d’un temps et d’une continuité accrus pour véritablement bénéficier des effets positifs de l’exercice, comme une meilleure régulation de la fréquence cardiaque, comme le suggère Robert Gerszten, chef du service de médecine cardiovasculaire au Beth Israel Deaconess Medical Center, qui n’a pas participé à cette analyse.
Toutefois, des nuances importantes sont à considérer. L’étude met en lumière une corrélation, et non une causalité directe. Il est possible, comme le souligne Rishi Wadhera, professeur agrégé à la Harvard TH Chan School of Public Health, que les personnes optant pour des marches plus longues soient déjà, de prime abord, en meilleure santé. D’autres facteurs non pris en compte, tels que l’environnement propice à la marche dans le quartier de résidence ou la pratique d’exercices de renforcement musculaire, pourraient également influencer les résultats. De plus, les habitudes de marche analysées proviennent d’un enregistrement d’une semaine, qui pourrait ne pas refléter fidèlement les routines quotidiennes de chacun.
Malgré ces réserves, les experts s’accordent sur un principe fondamental : l’activité physique, quelle que soit sa forme, est bénéfique. « L’important, c’est de bouger », rappelle Hannah Arem, épidémiologiste au MedStar Health Research Institute. Les recommandations visent donc à encourager une augmentation progressive de l’activité, en saisissant les opportunités quotidiennes : descendre un arrêt plus tôt, garer sa voiture un peu plus loin, ou planifier des promenades conviviales. « Quelque chose vaut mieux que rien, plus vaut mieux que quelque chose », conclut Arem, invitant à intégrer ces moments de marche plus longs pour en maximiser les bienfaits sur la santé.