Une famille de quatre personnes a été retrouvée morte dans sa maison de Lucques, dans la région de Toscane, le 5 février. L’enquête se concentre sur une possible intoxication au monoxyde de carbone, une tragédie qui rappelle un incident similaire survenu dans la même région il y a 34 ans.
Le procureur adjoint Paola Rizzo attend les résultats de l’analyse toxicologique, prévue lundi 9 février, sur les prélèvements sanguins effectués sur les corps d’Arti Kola, 49 ans, de son épouse Ionides, 43 ans, et de leurs enfants, Hadjar, 22 ans, et Jessica, 15 ans. Les corps ont été découverts dans leur maison située au 186 de la via Galgani, où la famille avait déménagé il y a environ un an après avoir vécu à Gragnano di Capannori.
Selon un premier examen médico-légal réalisé par le médecin légiste Stefano Pierotti, les corps présentent une coloration rouge cerise, caractéristique d’une intoxication au monoxyde de carbone. Cette coloration est due à la formation de carbossiemoglobine, qui empêche le transport de l’oxygène dans les tissus. La même coloration a été observée sur les organes internes.
À ce stade, l’enquête se penche sur la chaudière de la maison. Un ingénieur incendie a été chargé de procéder à un contrôle minutieux de l’appareil. Les carabiniers et les pompiers n’ont trouvé aucune trace de contrôle technique ou de documentation relative à l’installation de la chaudière, et ont même découvert du plastique protecteur sur le système, suggérant qu’elle était récente.
Le procureur souhaite s’assurer qu’il n’y a aucun défaut de fabrication ou d’installation. L’enquête s’étend également aux circonstances de l’installation de la chaudière : Arti Kola l’aurait-il installée lui-même, avec l’aide de son fils ou d’un tiers ?
La fuite massive de gaz qui a provoqué la mort de la famille s’est produite rapidement. Durim Kola, 42 ans, l’oncle des victimes, a tenté de les sauver, ainsi que les deux carabiniers intervenus. L’arrivée tardive des secours, due à une erreur de communication du fils aîné du couple, qui a fourni un numéro de maison incorrect lors de son appel au 112 à 19h58 avant de perdre connaissance, est également examinée. La procureure adjointe Rizzo a demandé les relevés téléphoniques des services de secours afin de reconstituer le déroulement des événements.
Cette tragédie rappelle celle de la famille Malanca, décédée dans des circonstances similaires le 28 février 1992, également à Lucques. Le monoxyde de carbone est responsable d’environ 600 décès par an en Italie.
Si l’enquête confirme que la mort de la famille Kola est due au monoxyde de carbone, le procureur pourrait autoriser l’inhumation des corps dès lundi ou au plus tard mardi 10 février.