Publié le 2025-10-02 07:09:00. Une revue de la littérature met en lumière le lien complexe entre la ménopause et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), soulignant un besoin urgent de recherches ciblées pour améliorer la prise en charge des femmes concernées.
- La ménopause, caractérisée par l’arrêt de la fonction ovarienne et la baisse des hormones reproductives, pourrait influencer la gravité des symptômes gastro-intestinaux chez les femmes atteintes de MICI.
- Les femmes atteintes de MICI tendent à entrer en ménopause plus tôt que la population générale et peuvent présenter une aggravation de leurs symptômes digestifs et vulvo-vaginaux.
- Les données concernant l’impact du traitement hormonal substitutif (THS) sur le risque de MICI sont contradictoires, nécessitant une analyse plus approfondie.
La recherche sur les répercussions de la ménopause sur la progression et la sévérité des maladies inflammatoires de l’intestin (MICI) reste encore largement limitée. Cette analyse systématique a donc cherché à synthétiser les connaissances actuelles concernant l’influence de la transition ménopausique, de la ménopause elle-même et du recours au traitement hormonal substitutif (THS) sur l’activité des MICI, l’intensité des symptômes associés, tant digestifs que ménopausiques, et l’évolution de ces pathologies.
Pour mener à bien cette étude, les chercheurs ont suivi les directives PRISMA et enregistré leur protocole auprès de Prospero. Cinq bases de données scientifiques ont été interrogées, sans restriction de date. L’extraction des informations et l’évaluation des risques de biais ont été réalisées de manière indépendante par plusieurs experts. Les résultats ont ensuite été compilés de manière qualitative.
Sur un total de 1667 études initialement identifiées, 15 ont finalement rempli les critères de sélection. Ces études comprenaient 5 études de cohorte, 3 études cas-témoins et 7 études transversales, avec des échantillons de patientes atteintes de MICI variant de 37 à 1367 personnes. Les données relatives au lien entre le THS et les MICI se sont révélées mitigées : certaines recherches suggèrent une association entre le THS et un risque accru de colite ulcéreuse, tandis que d’autres n’ont pas trouvé de corrélation significative après prise en compte des facteurs confondants. Il a été observé que les femmes souffrant de MICI atteignent la ménopause plus tôt que leurs homologues en bonne santé. Bien que la majorité des patientes n’aient pas signalé de changement notable de leurs symptômes de MICI après la ménopause, une minorité a constaté une exacerbation de ces derniers. Le THS pourrait potentiellement atténuer la gravité des poussées. De plus, les femmes atteintes de MICI ont rapporté des symptômes vulvo-vaginaux plus sévères et présentaient des profils de microbiote vaginal distincts comparativement aux femmes sans MICI.
En conclusion, les recherches explorant la relation entre la ménopause et les MICI sont encore peu nombreuses. Il est donc essentiel de poursuivre les investigations sur le lien entre l’activité de la maladie et les symptômes de la ménopause. Ces futurs travaux permettront de concevoir des interventions plus ciblées et adaptées, afin d’améliorer la santé globale des femmes atteintes de MICI tout au long de leur vie.
Mots-clés: Traitement hormonal substitutif; maladie inflammatoire de l’intestin; ménopause.