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Meta jugée en violation du droit de l’UE en raison d’un système de plainte « inefficace » pour signaler des contenus illégaux | Méta

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Publié le 2025-10-24 11:46:00. La Commission européenne a adressé une conclusion préliminaire à Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, reprochant à ses plateformes de ne pas faciliter le signalement de contenus illégaux, une pratique qui enfreindrait le droit de l’UE.

  • La Commission européenne estime que Meta a rendu les procédures de signalement de contenus illégaux trop complexes, enfreignant ainsi le Digital Services Act (DSA) européen.
  • Des « modèles sombres », des designs trompeurs, auraient été utilisés pour dissuader les utilisateurs de signaler des contenus problématiques, tels que de la pédopornographie ou des contenus terroristes.
  • Meta est également critiquée pour ne pas offrir un mécanisme d’appel adéquat lorsque du contenu est bloqué ou un compte suspendu.

Dans une communication officielle publiée ce vendredi, l’organe exécutif de l’UE a indiqué que Meta, le géant technologique californien évalué à 1 800 milliards de dollars, aurait mis en place des étapes inutiles dans le processus de signalement pour ses utilisateurs. La Commission a ainsi déclaré que les deux plateformes semblaient recourir à des « modèles sombres », des techniques de conception visant à induire en erreur ou à dissuader les utilisateurs, rendant le signalement de contenus illicites potentiellement « confus et décourageant ».

Cette pratique constitue, selon la Commission, une violation des obligations de Meta au titre du Digital Services Act (DSA) à l’échelle de l’UE. Le DSA vise à garantir que les plateformes en ligne assument leurs responsabilités dans la lutte contre les contenus illégaux. La Commission a précisé que le problème ne se limitait pas aux contenus illégaux, mais touchait également la liberté d’expression, dans un contexte où certaines modérations ont pu être jugées excessives. Des accusations de « shadow banning » (réduction de la visibilité du contenu sans notification à l’utilisateur) avaient déjà été formulées contre Facebook par le passé, notamment sur des sujets sensibles comme la Palestine.

Un haut responsable européen a souligné que les mécanismes actuels de dépôt de plaintes sont « trop difficiles à suivre jusqu’au bout pour les utilisateurs », ce qui les rend non seulement inefficaces mais aussi dissuasifs. Par ailleurs, des militants continuent de signaler des lacunes en matière de sécurité chez Meta. Un lanceur d’alerte de Meta, Arturo Béjar, a récemment publié une étude suggérant que la majorité des nouveaux outils de sécurité déployés sur Instagram étaient inefficaces, exposant les enfants de moins de 13 ans à des risques sur la plateforme.

Meta a rejeté ces conclusions, affirmant que des outils robustes étaient à la disposition des parents. L’entreprise a notamment mis en place des comptes adolescents obligatoires sur Instagram en septembre 2024 et a annoncé ce mois-ci l’adoption d’un système de classification adapté aux adolescents, similaire au système PG-13 du cinéma, afin de renforcer le contrôle parental. La Commission européenne a également pointé du doigt la difficulté pour les utilisateurs dont le contenu a été bloqué ou le compte suspendu de faire appel. Le mécanisme d’appel existant ne permettrait pas aux utilisateurs de fournir des explications ou des preuves substantielles, limitant ainsi son efficacité.

La simplification du système de retour d’information pourrait également aider les plateformes à mieux lutter contre la désinformation, comme en témoigne une vidéo deepfake diffusée en Irlande, qui prétendait faussement le retrait d’une candidate majeure de l’élection présidentielle. L’enquête en cours a été menée en collaboration avec Coimisiún na Meán, l’autorité irlandaise de régulation des services numériques.

La Commission a en outre conclu que TikTok et Meta avaient enfreint leur obligation de fournir aux chercheurs un accès adéquat aux données publiques, données pourtant cruciales pour évaluer l’exposition des mineurs à des contenus illégaux ou nuisibles. Les chercheurs se retrouvent souvent avec des informations partielles ou peu fiables. « Permettre aux chercheurs d’accéder aux données des plateformes est une obligation de transparence essentielle en vertu du DSA, car cela permet au public de surveiller l’impact potentiel des plateformes sur notre santé physique et mentale », a-t-elle déclaré.

Les conclusions préliminaires offrent aux plateformes un délai pour se conformer aux exigences de la Commission. Passé ce délai, elles s’exposent à des amendes pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires annuel mondial total, ainsi qu’à des astreintes périodiques. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission pour la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie, a insisté : « Nos démocraties dépendent de la confiance. Cela signifie que les plateformes doivent responsabiliser les utilisateurs, respecter leurs droits et ouvrir leurs systèmes au contrôle. »

Elle a ajouté : « Le DSA en fait un devoir, pas un choix. Avec les actions d’aujourd’hui, nous avons publié des conclusions préliminaires sur l’accès des chercheurs aux données de quatre plateformes. Nous veillons à ce que les plateformes soient responsables de leurs services, comme le garantit le droit de l’UE, envers les utilisateurs et la société. »

Un porte-parole de Meta a déclaré : « Nous ne sommes pas d’accord avec toute suggestion selon laquelle nous avons violé le DSA, et nous continuons à négocier avec la Commission européenne sur ces questions. Dans l’Union européenne, nous avons introduit des changements dans nos options de signalement de contenu, notre processus d’appel et nos outils d’accès aux données depuis l’entrée en vigueur du DSA et nous sommes convaincus que ces solutions correspondent à ce qui est requis par la loi de l’UE. » TikTok a été contacté pour obtenir un commentaire.

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