Publié le 2025-10-05 14:10:00. Le traitement des micropolluants dans les eaux usées représente un défi majeur pour le Grand Paris, avec des investissements potentiellement colossaux à venir. Une nouvelle directive européenne impose des normes plus strictes, entraînant des coûts supplémentaires pour l’agglomération.
- Le traitement des micropolluants dans les eaux usées de l’agglomération parisienne pourrait nécessiter jusqu’à 1 milliard d’euros sur les 20 prochaines années.
- Ces coûts additionnels sont liés à la transposition de la nouvelle directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines (« Deru 2 »), qui exige l’élimination des micropolluants.
- Le Siaap (Syndicat d’assainissement de la région parisienne) prévoit au total 4,15 milliards d’euros d’investissements pour la décennie 2024-2034, hors surcoûts de la « Deru 2 ».
La directive européenne « Deru 2 » impose aux grandes agglomérations de renforcer la protection de l’environnement contre les rejets d’eaux usées. Parmi les nouvelles obligations figure l’élimination des micropolluants, ces substances indésirables présentes en très faible quantité et souvent issues des activités humaines. Le président du Siaap, François-Marie Didier, a estimé ce coût entre 800 millions et 1 milliard d’euros pour les vingt prochaines années, lors de la présentation du plan d’investissement de la structure.
Le budget global de 4,15 milliards d’euros voté pour la période 2024-2034, visant la construction de nouvelles installations et la modernisation des infrastructures existantes, n’inclut pas encore les dépenses supplémentaires induites par la « Deru 2 ». Ces surcoûts feront l’objet de discussions lors d’un conseil d’administration prévu en novembre. Au-delà des micropolluants, la directive impose également l’élimination de l’azote et du phosphore d’ici 2039. Le Siaap estime à 1,5 à 2 milliards d’euros le total des investissements nécessaires pour se conformer à ces nouvelles exigences. Il est à noter que, selon le texte européen, la lutte contre les micropolluants devrait être financée à 80% par les industriels, conformément au principe pollueur-payeur. Les secteurs des cosmétiques et des médicaments sont particulièrement visés par ces nouvelles régulations.
Autre point majeur de la directive « Deru 2 » : l’obligation pour les stations d’épuration d’atteindre l’autosuffisance énergétique. François-Marie Didier a exprimé des doutes quant à la faisabilité de cet objectif, malgré le statut de « premier producteur de biogaz » de France revendiqué par le Siaap grâce à l’exploitation des boues d’épuration. En conséquence de ces investissements et des nouvelles contraintes, la redevance d’assainissement, qui a déjà augmenté de 45% en dix ans pour représenter environ 40% de la facture d’eau, « continuera d’augmenter », a prévenu le président du Siaap.
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