Le passage à l’heure d’hiver, ce soir, perturbe le rythme biologique de nombreux Français, entraînant fatigue et troubles du sommeil. Selon une étude, près de quatre femmes sur dix et un homme sur quatre ressentent des désagréments. Les experts préconisent une adaptation progressive pour atténuer ces effets.
Alors que les horloges reculent d’une heure cette nuit, à 3h du matin, transformant cette heure « gagnée » en un véritable défi pour l’organisme, une enquête récente du DAK-Gesundheit révèle que 39 % des femmes et 24 % des hommes souffrent de symptômes après ce changement. Ces manifestations varient de la simple fatigue à des troubles du sommeil plus prononcés, en passant par des difficultés de concentration.
Quand l’horloge interne déraille
Notre corps est régi par une horloge interne, le rythme circadien, qui dicte nos cycles de sommeil, la régulation de notre température corporelle et la production hormonale. La lumière du jour joue un rôle prépondérant dans la synchronisation de cet orchestrateur biologique. Le changement d’heure, en avançant ou reculant artificiellement le lever et le coucher du soleil, vient perturber cet équilibre subtil. La mélatonine, hormone du sommeil, est libérée dans l’obscurité, tandis que le cortisol, hormone de l’éveil, est activé par la lumière. Un décalage, même minime, entre ces signaux peut provoquer un désarroi hormonal, donnant l’impression d’un véritable jet-lag, et ce, en plein territoire national.
Un impact mesurable sur le quotidien
Les conséquences de ce décalage peuvent être significatives. Trois quarts des personnes affectées rapportent de la fatigue, tandis que 65 % éprouvent des difficultés à s’endormir ou à maintenir leur sommeil. L’irritabilité accrue touche également une personne sur trois. Ce changement d’heure peut avoir des répercussions plus graves encore : 16 % des salariés seraient ainsi moins ponctuels au travail dans les jours qui suivent. Des études ont même mis en évidence une augmentation des accidents de la route durant la période suivant le passage à l’heure d’hiver ou d’été.
Les populations les plus fragiles, tels que les enfants et les personnes âgées, dont l’horloge interne est moins adaptable, sont particulièrement sensibles à ces perturbations.
Comment adoucir la transition ?
Face à ces désagréments, les spécialistes du sommeil proposent des recommandations claires pour une adaptation en douceur :
- Adaptation progressive : Il est conseillé de se coucher chaque soir 10 à 15 minutes plus tard, afin que le corps puisse assimiler le changement plus sereinement.
- La lumière comme alliée : S’exposer à la lumière du jour dès le matin est essentiel. Une courte promenade peut stimuler l’éveil et freiner la production de mélatonine. À l’inverse, il est préférable d’éviter les écrans lumineux en soirée, car leur lumière bleue peut perturber le rythme du sommeil.
- Maintien des routines : Même avec une heure de sommeil supplémentaire, il est recommandé de respecter ses horaires habituels et d’éviter les longues siestes.
Science et débat autour du changement d’heure
Si des craintes ont longtemps été exprimées quant à un risque accru d’infarctus, une étude américaine d’octobre 2025 semble réfuter cette hypothèse, ne constatant pas de différences significatives dans la fréquence des crises cardiaques autour des changements d’heure. Néanmoins, les experts s’accordent à dire que l’heure d’hiver, davantage alignée sur notre biorythme naturel, est préférable, la lumière matinale étant cruciale pour la synchronisation de notre organisme.
L’abolition du changement d’heure, votée par le Parlement européen en 2019, reste suspendue à un consensus des États membres quant à savoir s’il faut adopter l’heure d’été ou l’heure standard. L’objectif est d’éviter une fragmentation des fuseaux horaires qui compliquerait les échanges commerciaux et les transports. Les discussions portent désormais sur une réorganisation globale des fuseaux horaires européens.
En attendant, une préparation optimale au décalage horaire semestriel reste la meilleure solution pour traverser cette période de transition sans encombre.