Publié le 24 octobre 2025. Des manœuvres politiques et des altercations ont éclaté au parlement bulgare, liées à un projet de loi visant à modifier la vente de la raffinerie Lukoil. Le député Ivaylo Mirchev dénonce une tentative d’extorsion orchestrée par Delyan Peevski, qui chercherait à s’emparer d’une part de l’entreprise sous couvert d’une crise artificielle.
- Un projet de loi, apparemment conçu pour avantager Delyan Peevski, est au centre d’une intense polémique à l’Assemblée nationale.
- Des échauffourées verbales auraient éclaté, qualifiées de « représentations théâtrales » par un responsable politique, pour masquer des manœuvres financières opaques.
- L’objectif serait de permettre à Delyan Peevski d’obtenir une participation dans Lukoil, potentiellement en extorquant les acheteurs et vendeurs.
La tension était palpable au sein du parlement bulgare, où un projet de loi, perçu comme un avantage personnel pour le député Delyan Peevski, a suscité de vives réactions. Ivaylo Mirchev, coprésident du parti « Oui, Bulgarie » (DB), a dénoncé des « représentations théâtrales » et une « provocation franche » de la part de Delyan Peevski, ainsi qu’une « grave insulte » envers un autre député, qu’il a refusé de détailler en présence de nombreuses femmes.
Selon Mirchev, cette insulte était une diversion pour masquer l’examen d’un amendement profitant directement à Peevski, et qui n’a « rien à voir avec le régime de sanctions contre Lukoil ». Il accuse les médias de se focaliser sur le spectacle plutôt que sur le fond des enjeux, permettant ainsi des manœuvres qui servent des intérêts privés.
Le projet de loi controversé donnerait au chef de l’Agence nationale de sécurité (DANS) le pouvoir de bloquer toute transaction et de restreindre les options d’achat de Lukoil pour d’autres entreprises. Ivaylo Mirchev soupçonne que cela permettrait à Delyan Peevski d’absorber une partie de la raffinerie, une manœuvre facilitée par un accord qu’il aurait négocié avec Boyko Borissov, leader du parti GERB.
Mirchev suggère que Delyan Peevski et Boyko Borissov chercheraient à négocier une sortie de Delyan Peevski de la liste des sanctions américaines (« Magnitski »), en utilisant Lukoil et le gazoduc « Turkish Stream » comme levier. Il rappelle que Borissov aurait eu plusieurs rencontres à Washington au cours des deux dernières années pour aborder cette question.
Bozhidar Bojanov, autre coprésident de « Oui, Bulgarie » et député, a expliqué le mécanisme potentiel : face à la pression des sanctions américaines sur Rosneft et Lukoil, Peevski, via son rôle au DANS, pourrait influencer la vente de Lukoil. Il pourrait ainsi s’assurer une part minoritaire, possiblement via des montages financiers offshore, à l’image de ce qu’il aurait fait avec Bulgartabac. Bojanov envisage même que Peevski puisse partager une partie de cette participation avec Borissov.
En l’absence de décisions d’exception ou de prise de contrôle étatique de la raffinerie, Ivaïlo Mirchev a alerté sur un risque de crise sur le marché du carburant en Bulgarie.
Interrogé sur les relations avec le président Rumen Radev, Ivaylo Mirchev a indiqué qu’elles restaient « pas différentes de ce que nous avons été ces dernières années ». Bozhidar Bojanov a précisé que leur parti critiquait le président lorsque leurs positions divergeaient.
Enfin, « Oui, Bulgarie » a adressé une lettre à la présidente de l’Assemblée nationale, Natalia Kiselova, pour exiger la restitution de toutes les accréditations des journalistes et leur accès libre à l’ensemble du bâtiment du Parlement.