Publié le 2 novembre 2025 à 13:19:00. Marco Odermatt, après avoir frôlé le doute, attribue sa résilience mentale à sa préparatrice, Monika Wicki. Cette dernière partage son approche pour aider les athlètes à surmonter les blocages psychologiques et à performer sous pression.
- Marco Odermatt a confessé avoir douté de sa capacité à gagner avant sa récente victoire à Sölden.
- Il attribue son changement d’état d’esprit à sa préparatrice mentale, Monika Wicki.
- Monika Wicki insiste sur l’importance du travail mental, comparable à l’entraînement physique, pour atteindre l’excellence.
À l’aube de la saison, Marco Odermatt, déjà fort de 46 succès en Coupe du monde, a surpris en avouant ses hésitations. « Il y a quelques semaines, je pensais que j’allais définitivement perdre », a-t-il déclaré après son triomphe en slalom géant à Sölden. Il a ensuite dédié cette victoire à sa préparatrice mentale, Monika Wicki, dont le soutien lui a permis de retrouver la confiance nécessaire pour viser le sommet. « Maintenant, je veux rester là et essayer d’être le meilleur », a-t-il affirmé, marquant un retournement psychologique significatif.
Monika Wicki, qui accompagne le skieur depuis ses 16 ans, explique que l’objectif n’était pas de résoudre un problème spécifique, mais d’optimiser son développement. « Il a appris très tôt quelles techniques existent pour développer la force mentale », précise-t-elle. La méthode de Wicki repose sur la reformulation positive des pensées négatives. « Le mot ‘perdre’ devait disparaître. Pour que cela se produise, il faut qu’une nouvelle phrase positive vienne à l’esprit », détaille la préparatrice. Cette nouvelle affirmation doit s’ancrer profondément pour resurgir au moment crucial, avant le départ, et permettre d’exprimer tout le potentiel sur la piste.
Pour Monika Wicki, l’entraînement mental est un processus aussi exigeant que l’entraînement physique. « L’entraînement mental est comme un entraînement de conditionnement. Nous nous entraînons de la même manière que sur des skis ou en salle de musculation. Cela demande de la volonté et de l’engagement de la part de l’athlète – le succès en dépend. »
L’importance de la préparation mentale dans le sport de haut niveau ne cesse de croître, comme le prouve l’exemple d’Odermatt. « Même quelqu’un qui a beaucoup de succès a des doutes », constate Wicki. La pression des attentes et l’intensité de l’entraînement peuvent générer des moments de fragilité. « Il n’est pas bon de toujours prêter attention aux erreurs », souligne-t-elle. Selon elle, il est essentiel de ne pas se focaliser uniquement sur les points faibles, mais aussi de valoriser les succès et de construire sur ce qui fonctionne déjà.
Dans sa pratique, Monika Wicki aide les athlètes à fixer des objectifs réalistes, à célébrer chaque réussite pour renforcer le sentiment d’accomplissement. Elle travaille également sur la récupération et la visualisation des performances idéales. « Nous vivons une course optimale dans notre tête », explique-t-elle, préparant ainsi le terrain mental pour des courses futures.
L’approche de Monika Wicki est nourrie par sa propre expérience en tant qu’ancienne skieuse de Coupe du monde sous le nom de Monika Hess. Elle confie avoir été dépassée lors de ses premières compétitions dans les années 80. Un souvenir marquant remonte au slalom géant de Schladming en 1982, où, après avoir terminé deuxième de la première manche, elle a craqué sous la pression et a été éliminée lors de la seconde. « J’avais peur d’un podium », avoue-t-elle, expliquant que l’idée d’être sous les feux des projecteurs la terrifiait. Cette expérience douloureuse a été déterminante et l’a conduite à se former comme préparatrice mentale après sa carrière sportive.