Publié le 11 octobre 2025. Le diplomate américain désigné, Sergio Gor, a remis un présent symbolique au Premier ministre indien Narendra Modi, soulignant la relation personnelle forte entre les deux dirigeants, malgré des tensions commerciales persistantes entre l’Inde et les États-Unis.
- Sergio Gor a offert une photo encadrée de Narendra Modi et Donald Trump, ornée d’un message manuscrit de l’ancien président américain.
- Donald Trump considère Narendra Modi comme un « grand ami personnel », malgré les différends commerciaux récents.
- Les relations bilatérales sont marquées par des échanges de courtoisie et des appels téléphoniques, mais les négociations commerciales restent complexes.
Lors de sa rencontre le samedi 11 octobre, l’ambassadeur américain désigné Sergio Gor a remis au Premier ministre Narendra Modi un cadeau chargé de symbolisme : une photographie encadrée des Premiers ministres Modi et Trump, accompagnée d’un message manuscrit de ce dernier. Ce geste témoigne de la relation personnelle étroite que Donald Trump entretient avec le dirigeant indien, qualifié par Trump de « formidable » dans un message succinct, typique de son style direct.
Sergio Gor, proche conseiller de l’ancien président, a souligné que Donald Trump voyait en Narendra Modi un « grand ami personnel ». Cette affirmation s’inscrit dans une série d’interactions récentes entre les deux hommes, illustrant une certaine « bonhomie » malgré les tensions diplomatiques et commerciales qui traversent les relations entre la première économie mondiale et la plus grande démocratie du globe. Ces relations, qualifiées de « partenariat global et mondial indo-américain », connaissent une période de flottement, notamment depuis l’imposition par l’administration Trump de droits de douane élevés.
Échanges téléphoniques et divergences
Récemment, Narendra Modi a salué le plan de paix de Donald Trump pour Gaza lors d’un entretien téléphonique, un geste relayé sur les réseaux sociaux. Cependant, les prises de position de l’ancien président américain se sont avérées fluctuantes, oscillant entre des appréciations chaleureuses et des critiques acerbes.
À la mi-septembre, Donald Trump avait contacté le Premier ministre indien pour lui souhaiter son 75e anniversaire. Modi avait alors exprimé sa gratitude sur X (anciennement Twitter), affirmant son engagement à renforcer les liens indo-américains. Ces échanges cordiaux contrastent avec les déclarations de Trump à la tribune des Nations Unies, où il avait désigné l’Inde et la Chine comme les « principaux bailleurs de fonds » de la guerre en Ukraine, critiquant implicitement la politique d’achat de pétrole russe par l’Inde.
Ces propos s’inscrivaient dans la lignée de la politique protectionniste des États-Unis, qui avaient notamment imposé des droits de douane importants sur les importations indiennes, en partie à cause de l’achat de pétrole russe par New Delhi.
Reprise des négociations et « lignes rouges »
Malgré ces épisodes de tension, les négociations commerciales entre les deux pays, interrompues suite à des déclarations virulentes de conseillers de Trump, ont repris. L’appel d’anniversaire de Trump, suivi d’une déclaration positive sur X de la part de Modi, a semblé apaiser temporairement les relations. Cependant, les différends de fond demeurent.
Le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, a clairement indiqué que l’Inde avait des « lignes rouges » concernant ses secteurs agricole et laitier. Côté américain, le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a maintenu la pression, exigeant notamment la fin des achats de pétrole russe par l’Inde et une plus grande ouverture des marchés indiens en contrepartie d’une réduction des droits de douane.
Des relations sous influence diplomatique
La nomination de Sergio Gor, en attendant sa prise de fonction officielle, témoigne de l’importance accordée par les États-Unis à leurs relations avec l’Inde. L’envoyé a exprimé l’espoir d’un accord commercial prochain et a insisté sur la nécessité de maintenir l’Inde proche, tout en surveillant les développements géopolitiques impliquant la Chine.
Ces dernières semaines ont été marquées par de nombreux rebondissements, rendant l’avenir de la relation Modi-Trump encore incertain. L’opposition indienne n’hésite pas à rappeler les événements passés, tels que les meetings « Howdy Modi » et « Namaste Trump », qui symbolisaient une ère de rapprochement plus prononcée.
Donald Trump, dont le mot favori est « tarif », continue d’employer des termes comme « grand », « personnalité » et « ami » pour parler du Premier ministre Modi. Cette dualité dans la communication, entre rhétorique protectionniste et marques d’affection personnelle, souligne la complexité des relations diplomatiques et commerciales actuelles.