Home Divertissement My cultural awakening: ‘Kate Bush helped me come out as a trans woman’ | Kate Bush

My cultural awakening: ‘Kate Bush helped me come out as a trans woman’ | Kate Bush

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Kate Bush, la révélation d’un monde intérieur longtemps refoulé

Dans une société où la féminité était synonyme de faiblesse, l’écoute d’un morceau de Kate Bush a marqué un tournant décisif pour un adolescent transgenre en quête d’identité. L’album The Sensual World, décrit par la chanteuse comme son œuvre « la plus féminine », a offert une échappatoire et une première affirmation de soi, loin des moqueries quotidiennes.

Le morceau éponyme, The Sensual World, est né d’une volonté de rupture. Kate Bush y exprimait son désir de se défaire des influences masculines qui avaient, sans qu’elle s’en rende compte, façonné ses travaux précédents. Il s’agissait d’une célébration assumée de l’expérience féminine, souvent tus ou considérés comme tabous. S’inspirant du monologue intérieur de Molly Bloom dans Ulysses de James Joyce, l’artiste souhaitait magnifier la vie au sein d’un corps de femme, source de plaisirs spirituels et sexuels.

Pour l’auteur de ces lignes, l’écoute de ce titre à l’adolescence représentait un risque calculé. Reconnaître ouvertement son appréciation pour une œuvre aussi subversive aurait pu accentuer le harcèlement déjà subi. La peur de devenir une cible encore plus évidente pour ceux qui stigmatisaient la féminité comme une tare était palpable. Plus encore, cela pouvait forcer à une confrontation avec des désirs intimes longtemps réprimés.

L’enfer de la survie et le poids de l’efféminé

À l’âge de 17 ans, la majorité de l’adolescence avait été vécue dans un état de survie constant. La transition en tant que femme transgenre n’était pas encore assumée publiquement ; c’était une part de soi que l’on pouvait garder secrète, contrairement à l’efféminé. Une voix naturellement haute, que l’auteur tentait en vain d’abaisser, était une source de moqueries quotidiennes. « Tu ressembles à une fille », lui lançait-on à l’école, malgré les efforts pour modifier sa tessiture vocale. Les gestes et la démarche jugés efféminés constituaient d’autres « crimes » aux yeux des garçons qui se délectaient à singe le « dandinement » de l’adolescent.

Grandir dans un tel environnement a conduit à considérer la féminité non pas comme une qualité à embrasser, mais comme un défaut. Être doux et « girlish » était perçu comme le signe d’un soi défaillant. Pourtant, il semblait moins dangereux d’être un garçon efféminé qu’un garçon aspirant à devenir une femme.

La découverte salvatrice dans la nature

L’établissement scolaire de Plymouth, bien qu’à sexes séparés, accueillait des filles à haut potentiel lors des deux dernières années de lycée. L’auteur, reconnaissant, a pu intégrer cette promotion. Certaines de ces nouvelles élèves habitaient à proximité, près des forêts qui entourent la ville. Un matin, lors d’une promenade sur les prairies, l’une d’elles partagea ses écouteurs et lui fit découvrir sa musique préférée. Ce fut le moment de la révélation.

Le reste de la journée, la voix éthérée de Kate Bush ne quitta pas ses pensées. Sur le chemin du retour, sous le couvert des arbres aux « membres poilus », le morceau fut réécouté. Les paroles, souvent insaisissables, se faufilaient derrière l’orchestration complexe d’uilleann pipes et d’autres instruments traditionnels irlandais. Par moments, la clarté des mots transperçait, comme des éclats de lumière : « là où l’eau et la terre se caressent… maintenant j’ai les pouvoirs du corps d’une femme. » Ces fragments, parsemés de références à la nature, culminaient dans une évocation post-coïtale de plaisir : « Mmh yes. » L’auteur imaginait Kate Bush dansant au milieu des arbres, baignée d’une lumière verte néon, dans un état d’extase synesthésique. Son propre corps se balançait instinctivement au rythme, sans se soucier de l’image d’une fille dansant ainsi.

La féminité comme affirmation de vie

Ce jour-là, quelque chose se métamorphosa intérieurement. L’ode à la féminité de Kate Bush résonnait comme une invocation des potentialités à devenir : euphorique, audacieux et libre. La féminité, jadis considérée comme une faiblesse, devenait une affirmation de vie, une invitation à savourer les plaisirs intenses du monde, de la nature et de son propre corps.

Il n’était cependant pas encore temps d’assumer pleinement son identité. La transition n’interviendrait que quelques années plus tard, lors d’un départ pour l’université. Néanmoins, dès ce moment, une échappatoire mentale était établie : l’univers luxuriant et fiévreux créé par Kate Bush. Un espace où l’on pouvait danser en reconnaissance de sa propre sacralité féminine. En attendant patiemment que cette rêverie devienne la réalité quotidienne, la capacité de refuser les voix du doute et du renoncement s’était installée.

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