Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude révèle la présence de 47 pesticides différents dans l’air des communes de Weert et Nederweert aux Pays-Bas, dont dix ne sont pas autorisés, suscitant des inquiétudes quant à l’exposition de la population et à l’efficacité des contrôles.
- 47 pesticides différents ont été détectés dans l’air de Weert et Nederweert.
- Dix de ces substances ne bénéficient pas d’une autorisation d’utilisation aux Pays-Bas.
- L’étude souligne le manque de recherches sur les effets à long terme de ces pesticides, notamment sur le système nerveux.
Une enquête menée par la Natural Platform Foundation a mis en évidence une contamination de l’air par un large éventail de pesticides dans les communes de Weert et Nederweert. Les analyses, réalisées à quatre endroits différents – deux à Weert (Tennis Club Weert-Oost et le centre de Tungelroy) et deux à Nederweert (à proximité du musée Eynderhoof et de ses environs) – ont révélé la présence de 47 pesticides distincts. Dix de ces produits ne sont pas autorisés à la vente ou à l’utilisation comme produits phytosanitaires aux Pays-Bas, selon les résultats de l’étude.
La Natural Platform Foundation explique que l’origine de ces substances non autorisées reste inconnue. Sur l’ensemble des 47 pesticides identifiés, neuf sont classés par le RIVM (Institut national pour la santé publique et l’environnement) comme des substances « extrêmement préoccupantes » et deux comme des substances « potentiellement très préoccupantes ».
Cette étude intervient suite aux préoccupations exprimées par les habitants de ces zones, caractérisées par une agriculture intensive et une forte concentration d’élevages. La fondation rappelle que l’agriculture intensive est souvent associée à une utilisation importante de pesticides.
L’exposition aux pesticides, même à court terme, peut avoir des conséquences néfastes sur la santé, soulignent les chercheurs. En cas d’utilisation de pesticides dans le secteur, le GGD (organisation régionale de santé publique) recommande de fermer les fenêtres et les portes, de rester à l’intérieur, de garder les animaux domestiques à l’intérieur et d’éviter de faire sécher le linge à l’extérieur.
La Natural Platform Foundation critique également le processus d’autorisation des pesticides. Selon elle, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) et le Ctgb (Comité néerlandais d’évaluation des pesticides) n’ont pas mené de recherches sur les liens possibles entre l’exposition aux pesticides et les maladies neurodégénératives lors de l’évaluation des dossiers d’homologation. De plus, l’impact de l’exposition à des mélanges de plusieurs pesticides sur la santé n’a pas été suffisamment étudié.
La fondation insiste sur le fait que l’autorisation d’un pesticide ne garantit pas nécessairement son innocuité. Elle met en garde contre la propagation des pesticides dans l’environnement, non seulement sur les champs, mais aussi par voie aérienne, via la dérive, la volatilisation et l’atomisation, ce qui peut affecter des zones situées à plusieurs kilomètres des lieux d’application. Rapport complet de la Natural Platform Foundation.
La Natural Platform Foundation appelle les municipalités de Weert et Nederweert à prendre des mesures plus efficaces pour protéger leurs habitants contre l’exposition aux pesticides, estimant que les actions entreprises jusqu’à présent sont insuffisantes. Elle recommande aux municipalités de s’inspirer d’un guide élaboré par la Fondation Urgenda pour mettre en place des politiques plus restrictives. La fondation exhorte également les partis politiques à intégrer cette question à leurs programmes en vue des élections municipales du 18 mars 2026.