Publié le 2024-05-17 10:00:00. La multiplication des applications de stationnement mobiles suscite la grogne des automobilistes. L’association RAC déplore des difficultés récurrentes et appelle à offrir d’autres modes de paiement, tandis que le gouvernement promeut une plateforme nationale unifiée.
- Trois conducteurs sur quatre interrogés par le RAC ont rencontré des problèmes avec les applications de paiement de stationnement.
- Les dysfonctionnements les plus fréquents sont liés à la mauvaise réception du réseau mobile et à l’impossibilité pour l’application de reconnaître le parking.
- Le RAC plaide pour que les opérateurs de stationnement proposent au moins deux modes de paiement distincts, afin de ne pas exclure les moins technophiles.
Le constat est clair : payer son stationnement via une application mobile est loin d’être une sinécure pour de nombreux automobilistes. Selon une enquête menée par le RAC, l’organisation britannique des automobilistes, auprès de 1 700 personnes, près de trois quarts des sondés ont déclaré avoir rencontré des difficultés avec ces outils numériques. Les raisons invoquées sont multiples, mais deux problèmes reviennent de manière récurrente : une couverture réseau insuffisante dans les parkings et des applications qui ne parviennent pas à identifier le lieu de stationnement du conducteur. Ces désagréments peuvent se solder par des amendes, comme en témoigne un conducteur interrogé par la BBC à Manchester, qui a dû fournir des justificatifs de paiement pour prouver qu’il disposait d’une autorisation de stationnement.
Face à cette situation, le RAC estime que personne ne devrait être contraint d’utiliser une application mobile pour se garer s’il ne le souhaite pas. Rod Dennis, responsable politique principal du RAC, souligne que cette obligation peut s’avérer « pénible », notamment pour les personnes moins à l’aise avec la technologie ou ne possédant pas de smartphone. L’enquête révèle d’ailleurs que 13 % des personnes interrogées ne savent pas comment utiliser une application de stationnement, un chiffre qui grimpe à 26 % pour les plus de 75 ans. Paradoxalement, près de la moitié des sondés préféreraient payer par carte bancaire ou sans contact via leur téléphone, signe que la transition numérique ne plaît pas à tout le monde.
En parallèle, le gouvernement britannique travaille à l’extension de sa Plateforme Nationale de Stationnement (NPP), une initiative visant à proposer une solution unique pour le paiement du stationnement, afin d’éviter aux conducteurs de devoir télécharger une multitude d’applications différentes. Cette plateforme, gérée sur une base à but non lucratif par la British Parking Association (BPA), a déjà fait l’objet d’un essai auprès de 10 autorités locales et devrait être déployée sur l’ensemble du territoire. Le RAC se félicite de ce projet qui « devrait signifier la fin des conducteurs devant télécharger de nombreuses applications distinctes juste pour se garer », mais insiste sur la nécessité que « suffisamment d’autorités locales et d’entreprises de stationnement » y adhèrent.
Les promoteurs de la NPP assurent que l’objectif est d' »élargir le choix » et non de le restreindre. Ils rappellent que les autorités locales qui adoptent la plateforme peuvent continuer à proposer des paiements en espèces, et qu’une ligne téléphonique sera mise en place pour aider ceux qui préfèrent ou doivent payer par téléphone. La BPA, quant à elle, se dit engagée à rendre le stationnement « aussi simple et accessible que possible », encourageant ses membres à offrir une « gamme d’options de paiement, y compris les méthodes traditionnelles et sans numéraire ». Cependant, pour des automobilistes comme Margie Rimes, 77 ans, qui utilise pourtant un smartphone, l’idée de payer son stationnement via une application reste source de stress. « Si je vais quelque part où je sais que je vais devoir me garer… je trouve cela stressant », confie-t-elle, préférant parfois prendre un taxi plutôt que de s’aventurer face aux machines.