Home Économie « Ne l’acceptez plus » : l’Allemagne est la principale cible des produits contrefaits dans l’UE

« Ne l’acceptez plus » : l’Allemagne est la principale cible des produits contrefaits dans l’UE

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Publié le 9 octobre 2025, 8h55. L’Allemagne est devenue la principale porte d’entrée des contrefaçons au sein de l’Union européenne, générant des pertes considérables pour les entreprises. Les experts appellent à des mesures renforcées et à une responsabilisation accrue des plateformes en ligne pour endiguer ce fléau.

  • L’Allemagne est la première destination des produits contrefaits dans l’UE, représentant une perte annuelle estimée à huit milliards d’euros pour les entreprises.
  • L’Agence européenne de la propriété intellectuelle (EUIPO) a saisi 112 millions d’articles contrefaits en 2024, dont un quart destiné à l’Allemagne.
  • Les grandes plateformes en ligne sont le canal de vente privilégié pour ces produits frauduleux, majoritairement issus de Chine et de Turquie.

Jeux vidéo, vêtements, jouets, parfums… La liste des produits imités est longue et le président de la Brand Association, Franz-Olaf Kallerhoff, exprime son exaspération :

« Nous ne pouvons plus accepter que notre marché soit inondé de produits dangereux et contrefaits, fabriqués au mépris des normes environnementales et du travail. »

Franz-Olaf Kallerhoff, président de la Brand Association

Cette association, qui représente des marques reconnues telles que Hugo Boss, Haribo, Henkel, Miele et Vileda, organise d’ailleurs le « Brand Economy Day » à Berlin, événement auquel le chancelier Friedrich Merz est attendu.

Les chiffres de l’EUIPO pour 2024 révèlent une saisie de 112 millions d’articles contrefaits aux frontières extérieures et sur le marché intérieur de l’UE. Bien que ce volume soit légèrement inférieur à l’année précédente, la valeur estimée de ces ventes a atteint un record de 3,8 milliards d’euros, principalement en raison de prix unitaires plus élevés. L’Allemagne se retrouve en tête des destinations, absorbant près d’un quart de la valeur des marchandises saisies aux frontières. Selon M. Kallerhoff, cette prédominance s’explique par la taille de l’économie allemande et l’attrait international des marques allemandes, réputées pour leur qualité, qui attirent ainsi les contrefacteurs.

Les catégories de produits les plus fréquemment contrefaites sont les jeux vidéo, logiciels et autres CD/DVD, représentant environ un tiers des saisies. Les jouets suivent avec 18 %, puis les vêtements (7,5 %), les accessoires de mode (6 %), les cigarettes et e-cigarettes (4,5 %) et enfin les parfums et cosmétiques (3 %). La majorité de ces ventes transitent par les grandes plateformes en ligne, avec la Chine et la Turquie comme principaux pays d’origine.

L’impact économique réel pour les entreprises allemandes est difficile à chiffrer précisément, mais la Brand Association l’estime à environ huit milliards d’euros par an, en tenant compte des nombreux cas non déclarés. Chaque semaine, près de 144 000 colis contenant des contrefaçons arriveraient sur le territoire allemand. Les auteurs de ces fraudes échappent souvent à la justice, seulement 0,74 % des contrefaçons détectées ayant fait l’objet de poursuites judiciaires. Les biens confisqués sont systématiquement détruits.

L’évolution technologique, couplée à des capacités de contrôle parfois insuffisantes et à la croissance exponentielle du commerce électronique, rend la production et la distribution de contrefaçons de plus en plus sophistiquées et rapides. L’EUIPO souligne l’urgence de mettre en place des mesures proactives pour contrer ce phénomène.

Face à cette situation, la Brand Association et la Fédération allemande du commerce (HDE) militent pour des contrôles plus rigoureux et une définition claire des responsabilités des plateformes en ligne. Elles réclament des moyens humains et matériels accrus pour la surveillance douanière et du marché, la suppression du seuil de franchise douanière de 150 euros et l’obligation d’enregistrer chaque colis. L’interdiction de remettre en ligne des contrefaçons déjà retirées est également souhaitée.

« Quiconque vend des marchandises dans ce pays doit respecter les règles locales. Dans le cas contraire, le commerce de détail national souffrira de cette concurrence déloyale », martèle Alexander von Preen, président du HDE, qui estime que 64 000 emplois sont menacés par cette pratique.

Alexander von Preen, président de la HDE

Pour les consommateurs qui se retrouvent en possession d’un produit contrefait, les associations recommandent de déposer une plainte et d’informer la plateforme en ligne où l’achat a été effectué. Dans la plupart des pays de l’UE, l’achat d’une contrefaçon n’est pas une infraction pénale en soi, mais sa revente est illégale. Les titulaires de droits de marque peuvent, quant à eux, engager des poursuites contre les fabricants et les vendeurs. Au-delà de l’aspect économique, l’achat de contrefaçons présente des risques sanitaires non négligeables, les produits pouvant contenir des substances nocives, ne respecter aucune norme de sécurité et ne bénéficier d’aucune responsabilité du fait des produits.

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