Publié le 1er novembre 2025 à 9h46. Une faible exposition à la lumière artificielle durant la nuit pourrait avoir des conséquences graves sur la santé cardiovasculaire, selon de récentes études. Ignorer cette exposition pourrait augmenter significativement les risques d’hypertension, de diabète et de maladies cardiaques.
Dortmund – Dormir avec une lumière allumée, même faible, représente un risque sanitaire non négligeable. Des recherches menées en Australie et aux États-Unis mettent en évidence que l’exposition lumineuse nocturne peut exercer une pression mesurable sur le cœur et le système circulatoire, favorisant ainsi le développement de maladies chroniques.
Une veilleuse, un danger potentiel pour le cœur
Ceux qui préfèrent ne pas dormir dans l’obscurité totale ou laissent la télévision allumée pendant la nuit devraient être particulièrement vigilants. Des chercheurs de l’Université Flinders à Adélaïde, en Australie, ont analysé les données de près de 89 000 individus issues de la UK Biobank. Les participants étaient équipés de capteurs de lumière afin de mesurer le niveau de luminosité dans leurs chambres à coucher pendant une période prolongée.
Les conclusions sont sans appel : les personnes ayant dormi dans des conditions de luminosité accrue présentaient un risque plus élevé de subir une crise cardiaque, une insuffisance cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.
Perturbation du rythme circadien et ses conséquences
Ces découvertes apportent un éclairage supplémentaire sur les mécanismes des maladies cardiovasculaires. La lumière artificielle, même modérée, perturbe l’horloge biologique interne, le rythme circadien. Ce dernier régule des fonctions vitales telles que la pression artérielle, l’équilibre hormonal et le métabolisme.
En 2023, une équipe de l’Université Northwestern de Chicago a abouti à des conclusions similaires après avoir observé plus de 550 personnes âgées pendant une semaine. Les chercheurs ont documenté leur exposition lumineuse nocturne. Plus de la moitié des participants dormaient encore avec une source lumineuse présente dans leur chambre, même durant les heures les plus sombres de la nuit.
Un lien direct entre lumière nocturne et maladies métaboliques
Ce groupe était ainsi deux fois plus susceptible de souffrir d’hypertension artérielle, d’obésité ou de diabète comparativement à ceux dormant dans le noir. Ce lien a été confirmé même après avoir pris en compte d’autres facteurs comme l’âge, l’activité physique ou le régime alimentaire, suggérant que la lumière ambiante durant le sommeil est un facteur de risque indépendant.
Parallèlement, il est observé une augmentation significative de l’éclairage nocturne à l’échelle mondiale entre 1992 et 2017. Les images satellites confirment que l’obscurité quasi totale devient rare dans les zones urbaines.
Cette pollution lumineuse a un impact direct sur la production de mélatonine, l’hormone du sommeil. Une diminution de sa production entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, induisant une fausse perception de « jour » pour l’organisme. À terme, cela peut créer un décalage horaire biologique chronique, soumettant le système cardiovasculaire à un stress constant.
Conseils pour un sommeil réparateur et une meilleure santé cardiaque
La bonne nouvelle est que ce risque peut être facilement atténué. Adopter de bonnes habitudes telles qu’éteindre les lumières le soir, fermer les rideaux et éviter les écrans avant de dormir contribue significativement à la santé cardiaque. L’utilisation de veilleuses tamisées ou l’extinction complète des lampes de chevet sont également recommandées. En somme, l’action la plus simple et la plus économique pour préserver son cœur est peut-être d’éteindre la lumière.