Les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine font l’objet d’une attention renouvelée suite à un récent sommet, mais des doutes subsistent quant au respect des engagements par Pékin. L’accord, qualifié de « négociation sur plusieurs questions majeures » plutôt que de « traité commercial global », repose entièrement sur la bonne volonté des deux parties, sans clauses coercitives ni l’implication de l’Organisation Mondiale du Commerce.
L’historique des négociations commerciales avec la Chine est marqué par une tendance à la non-application des accords une fois que ceux-ci ne servent plus les intérêts de Pékin, une situation déjà observée sous l’administration Trump. L’application des tarifs douaniers, initiée par Donald Trump et maintenue par son successeur Joe Biden, témoigne d’une certaine constance du côté américain. Cependant, l’expérience passée amène à une vigilance accrue quant au respect des engagements chinois, dont le succès réel ne pourra être jugé qu’au début de l’année 2026.
Une des questions cruciales en suspens concerne l’assouplissement potentiel des contrôles américains sur l’exportation de technologies sensibles, notamment les semi-conducteurs avancés. En 2021, le président Biden a interdit la vente de ces technologies de pointe à la Chine, dans le but d’empêcher un avantage militaire pour l’Armée Populaire de Libération, compte tenu du système de « fusion civilo-militaire » chinois qui permet au gouvernement de réquisitionner des technologies développées par le secteur privé. Ces puces sophistiquées, produites par des entreprises telles que NVIDIA et Intel, sont jugées essentielles dans la course à l’intelligence artificielle (IA) entre les deux superpuissances.
L’ancien ambassadeur, dont la mission incluait la défense des entreprises américaines et la promotion de relations commerciales équitables, exprime sa ferme opposition à toute concession sur ces contrôles technologiques. Il souligne le risque de donner un avantage stratégique à la Chine dans la compétition militaire et technologique, en particulier dans le domaine de l’IA. La sécurité nationale prime, selon lui, sur les gains financiers à court terme de quelques entreprises américaines. La politique stricte de l’administration Biden visant à refuser ces technologies sensibles à la Chine devrait, selon lui, être maintenue.
Les relations économiques entre les États-Unis et la Chine, les deux plus grandes économies mondiales, sont d’une importance capitale pour la stabilité économique globale. L’année dernière, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 642 milliards de dollars en biens et services. Après le sommet, le taux de droit effectif s’établit à 47 %, ce qui devrait entraîner une diminution de ces volumes d’échanges.
L’évaluation du succès de cette « trêve dans la guerre commerciale » interviendra en 2026, lorsque les deux gouvernements examineront la durabilité des accords et la constance de leur application. L’historique des relations tendues laisse craindre une application incohérente de la part de la Chine. Bien que l’espoir d’une réussite américaine soit présent, la nécessité d’une posture ferme est soulignée face à un pays dont la cohérence et le respect des règles ont souvent fait défaut par le passé.