Publié le 09 novembre 2025. Le satellite NISAR, fruit d’une collaboration entre la NASA et l’ISRO indienne, est désormais opérationnel en orbite et s’apprête à lancer sa campagne de collecte de données scientifiques. Cette plateforme radar SAR bi-bande, la plus ambitieuse jamais déployée pour l’observation de la Terre, promet des avancées majeures dans la compréhension de la dynamique de notre planète.
- Le satellite NISAR est entré en orbite et entame sa phase de collecte de données ce mois-ci.
- Il s’agit d’une collaboration entre la NASA et l’agence spatiale indienne (ISRO).
- NISAR est une plateforme radar SAR bi-bande conçue pour une observation de la Terre à haute résolution.
Après son lancement en juillet dernier, le satellite NISAR (NASA-ISRO Synthetic Aperture Radar) est prêt à dévoiler son potentiel. Cet outil d’observation géospatiale de pointe est le résultat d’un partenariat stratégique entre les États-Unis et l’Inde. Il constitue une plateforme radar SAR (Synthetic Aperture Radar) bi-bande, marquant une étape significative dans l’observation de la Terre depuis l’espace. Son ambition : fournir des données d’une résolution exceptionnelle, sur une très large couverture, et particulièrement sensibles aux paramètres géophysiques qui régissent la dynamique de la surface terrestre.
Les premières images révélées par la NASA témoignent déjà de la précision remarquable de l’instrument. La visualisation de la région des Monts Déserts, dans le Maine, met en évidence les contours précis du paysage, permettant de distinguer clairement les zones forestières, les terres ouvertes et les habitats humains. De même, les clichés du Dakota du Nord font apparaître les schémas des parcelles agricoles, des cours d’eau et des forêts, même pour des unités d’occupation du sol de petite taille. Ces capacités représentent une amélioration considérable pour la classification de l’occupation du sol (couverture terrestre) et la détection des changements à la surface de la Terre.
Le cœur technologique de NISAR réside dans ses deux radars principaux. La bande L, développée par la NASA et opérant à une longueur d’onde de 24 centimètres, a la capacité de pénétrer la canopée forestière. Elle permettra de mesurer l’humidité des sols et de détecter des mouvements de surface à l’échelle du millimètre. Selon un communiqué de la NASA, cette fonctionnalité facilitera un suivi beaucoup plus précis des processus tectoniques et volcaniques, surpassant les performances des satellites précédents. Parallèlement, la bande S, mise au point par l’ISRO et fonctionnant à une longueur d’onde de 10 centimètres, est sensible à la petite végétation. Elle sera particulièrement efficace pour surveiller les écosystèmes agricoles et les prairies.
D’après le magazine *Spatial Source*, une antenne parabolique de 12 mètres de diamètre assure une couverture de 242 kilomètres de large à chaque passage. Cette caractéristique rend NISAR particulièrement adapté à la cartographie de vastes étendues lors d’une seule orbite. Le satellite évolue sur une orbite polaire héliosynchrone à 747 kilomètres d’altitude, avec un cycle de revisite de 12 jours. La NASA prévoit une durée d’exploitation de la bande L d’au moins trois ans, tandis que l’ISRO vise cinq ans pour la bande S.
Afin de garantir une précision géospatiale optimale, la Division australienne de l’Antarctique procède à l’installation de réflecteurs d’angle sur plusieurs sites de l’Antarctique, de l’île Heard à l’île Macquarie. Ces dispositifs serviront à valider et calibrer les données de NISAR, assurant ainsi la cohérence des paramètres calculés avec les conditions géophysiques réelles.
Les débuts opérationnels de NISAR marquent un tournant décisif pour l’observation radar de la Terre à haute résolution. Sa capacité bi-bande, avec la bande L idéale pour l’étude des déformations lithosphériques et la pénétration des signaux à travers une végétation dense, et la bande S sensible à la végétation peu développée et aux indicateurs agricoles, permet à ce satellite non seulement de générer des images de surface très détaillées, mais aussi d’extraire des paramètres géophysiques directement exploitables pour l’analyse spatiale, la modélisation des risques et les systèmes d’alerte précoce basés sur la déformation.
« Les États-Unis et l’Inde renforcent leur coopération dans le domaine du renseignement géospatial »