Après une décennie d’autonomie de facto, le nord-est syrien est de nouveau sous le contrôle du gouvernement central de Damas. L’entrée lundi 2 février de forces gouvernementales dans la région, négociée avec les Kurdes, marque un tournant dans le conflit syrien.
Le convoi de véhicules tout-terrain aux vitres teintées, immatriculés en Syrie, a franchi la ligne de démarcation sous l’œil vigilant des snipers kurdes, après des heures de retard et d’incertitude. Cet événement concrétise l’accord conclu le 29 janvier entre Damas et les représentants kurdes, mettant fin à une période prolongée de négociations infructueuses et d’affrontements.
À Hassaké, capitale du gouvernorat du même nom et ville à forte présence kurde, Saleh Muslim, coprésident du Parti de l’union démocratique (PYD), principal parti kurde de Syrie, a tenté de rassurer la population. « L’élément crucial à nos yeux, c’est que nos troupes puissent protéger la région comprenant Hassaké, Qamichli, Derik, et celle de Kobané. Le pouvoir de Damas l’a accepté », a-t-il déclaré depuis une salle de réunion adjacente à une base militaire américaine.
Saleh Muslim a reconnu la déception de certains combattants, qui aspiraient à un statut d’autonomie plus important, voire à un fédéralisme. « Nous voulions un fédéralisme ou un statut pour notre auto-administration, mais nous ne pouvions pas le garantir », a-t-il admis. Il a cependant affirmé que l’accord ne provoquerait « que des changements cosmétiques ».