Publié le 2025-10-16 14:43:00. Les hybrides rechargeables (PHEV), censés réduire significativement notre empreinte carbone, affichent en réalité des émissions de CO2 bien supérieures à celles officiellement mesurées. Une analyse révèle un écart conséquent entre les tests en laboratoire et l’usage réel, engendrant un surcoût notable pour les automobilistes.
- Les émissions réelles des PHEV sont près de cinq fois supérieures aux résultats des tests officiels WLTP, selon T&E.
- En moyenne, un PHEV émettrait 135 grammes de CO2 par kilomètre, un chiffre qui reste supérieur aux voitures essence et diesel malgré les avantages promis.
- Ce décalage représente un coût annuel supplémentaire d’environ 500 euros par an pour l’automobiliste moyen.
Les véhicules hybrides rechargeables (PHEV) sont conçus pour combiner les avantages d’un moteur électrique, alimenté par une batterie rechargeable, avec ceux d’un moteur thermique traditionnel. L’objectif est de réduire la consommation de carburant et les émissions polluantes, surtout lors des trajets courts. Cependant, une étude menée par l’organisation Transport & Environment (T&E) jette un doute sur l’efficacité réelle de ces véhicules.
Selon T&E, les données collectées auprès de milliers de véhicules montrent que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) des PHEV sont, en pratique, près de cinq fois plus élevées que ce que laissent penser les tests officiels, notamment le protocole WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure). L’ONG souligne que ces tests « simulent une conduite considérée comme normale par les régulateurs », ce qui ne reflète pas toujours les usages réels. En pratique, T&E avance que les PHEV émettent en moyenne 135 grammes de CO2 par kilomètre. Bien que ce chiffre soit inférieur à la moyenne des voitures essence et diesel (166 g/km), il est loin des objectifs supposés.
Même lorsqu’ils fonctionnent en mode électrique, les PHEV consommeraient en moyenne 3 litres d’essence aux 100 kilomètres, générant 68 grammes de CO2 par kilomètre. T&E précise que cela représente une émission 8,5 fois supérieure à ce qui est annoncé lors des tests officiels.
L’industrie automobile européenne militerait pour que les PHEV soient considérés comme des véhicules neutres en CO2. Pourtant, les chiffres de T&E indiquent que ces véhicules n’émettent en moyenne que 19 % de CO2 en moins par kilomètre par rapport aux voitures thermiques traditionnelles.
L’ONG dénonce également la pression exercée par les constructeurs sur les législateurs européens pour que les hybrides soient classés comme véhicules propres, dans le cadre d’une approche dite « neutre sur le plan technologique ». L’analyse de T&E, portant sur 127 000 PHEV, révèle non seulement des émissions bien supérieures aux prévisions, mais aussi un surcoût annuel estimé à 500 euros pour l’automobiliste moyen en raison de la consommation de carburant supplémentaire.
La raison invoquée par T&E pour expliquer ces écarts réside dans la limitation de la puissance des moteurs électriques des PHEV. Ces derniers peinent souvent face aux vitesses élevées ou aux pentes prononcées, obligeant le moteur thermique à prendre le relais. Les données indiquent que ce dernier intervient sur près d’un tiers de la distance parcourue, même lorsque le véhicule est censé rouler en mode électrique.