Publié le 07/10/2025 11:10:00. La Société espagnole des médecins généraux et de famille (SEMG) a présenté au Congrès des députés un rapport crucial visant à renforcer les soins primaires. Ce document propose une feuille de route stratégique pour faire face à l’augmentation des maladies chroniques et à la complexité des patients pluri-pathologiques, afin de mieux orienter la santé publique.
- Le rapport souligne la nécessité de transformer les soins primaires en un pilier central et stratégique du système de santé espagnol.
- Il propose onze axes d’amélioration, incluant la réduction des inégalités territoriales et l’intégration de nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle.
- La SEMG appelle à un engagement politique stable et à un Pacte d’État pour la Santé, dépassant les cycles électoraux.
Dans un contexte où la longévité croissante et la prévalence des maladies chroniques multiples mettent à rude épreuve le système de santé espagnol, la Société espagnole des médecins généraux et de famille (SEMG) a exposé ses recommandations au Congrès des députés. Pilar Rodríguez Ledo, présidente de la SEMG, a ainsi présenté le rapport intitulé « Vers des soins primaires stratégiques et leaders : comment relever le défi du patient chronique pluripatologique pour bien orienter la population ? ». Cet événement a réuni des professionnels de la médecine familiale, des soins infirmiers, de la gestion de la santé et des représentants politiques, dans le but de forger un consensus essentiel pour placer les soins primaires au cœur des politiques de santé nationales.
Le rapport, élaboré en collaboration avec d’autres organisations, met en lumière une période charnière pour le système de santé espagnol. Malgré une évaluation positive par les citoyens, il est confronté à des défis structurels majeurs : surcharge administrative, fragmentation territoriale, manque de professionnels et financement insuffisant. Face à cela, la SEMG propose une stratégie claire en onze points pour consolider les soins primaires.
Parmi les pistes envisagées figurent la lutte contre les disparités régionales, le développement d’un modèle de soins proactif et personnalisé, le renforcement du leadership clinique et politique, la valorisation du rôle des infirmiers et l’intégration de nouveaux profils professionnels. La numérisation des processus, via des outils interopérables et l’intelligence artificielle, est également préconisée pour une meilleure efficacité.
Les intervenants ont unanimement insisté sur le fait que les soins primaires ne sont pas seulement la porte d’entrée du système de santé, mais bien sa colonne vertébrale authentique, un lieu essentiel pour la prévention, le diagnostic, le traitement et la proximité avec la population. Le rapport insiste également sur l’importance d’une évaluation multidimensionnelle des résultats, incluant la santé, l’équité, les coûts et le bien-être professionnel, ainsi que sur la nécessité d’un engagement politique pérenne qui transcende les mandats électoraux.
« Prendre soin de ceux qui prennent soin de nous est la première étape pour retrouver des vocations et se réenamourer des soins primaires. Car si les professionnels se sentent reconnus, motivés et accompagnés, ils pourront restituer à la société le meilleur d’eux-mêmes : des soins de proximité, humains et de qualité. Renforcer les soins primaires, c’est en réalité renforcer le bien-être de tous les citoyens. »
Pilar Rodríguez Ledo, présidente de la SEMG
La SEMG alerte par ailleurs sur la nécessité de définir la durabilité non seulement en termes économiques, mais aussi par la capacité à maintenir un modèle de soins de qualité, équitable et attractif pour les professionnels. L’expérience internationale démontre que les systèmes qui misent sur des soins primaires solides, multidisciplinaires et technologiquement intégrés obtiennent de meilleurs résultats en termes de santé et de bien-être pour la population.
« Investir dans les soins primaires n’est pas une dépense, c’est le meilleur investissement pour la santé, l’équité et le bien-être de tous les citoyens. »
Pilar Rodríguez Ledo, présidente de la SEMG
La présidente de la SEMG a réaffirmé au Congrès la volonté de la société scientifique de poursuivre sa collaboration avec les administrations et les autres acteurs du secteur de la santé afin que les soins primaires retrouvent leur rôle stratégique et redeviennent le cœur du système de santé.
Concernant la formation continue dans les soins primaires, le rapport appelle à dépasser une simple accumulation de cours déconnectés. Il préconise un itinéraire commun, pratique et multidisciplinaire, axé sur la gestion de la complexité de la pluripatologie et sur l’utilisation pertinente de la technologie. Ceci est jugé essentiel pour retrouver la fierté professionnelle et attirer de nouvelles vocations.
Pilar Rodríguez Ledo a également plaidé pour un Pacte d’État pour la Santé, transcendant les clivages partisans et les alternances politiques.
« La santé de la population ne peut pas dépendre des fluctuations politiques. Nous avons besoin d’un engagement commun qui place les citoyens au centre, garantisse la stabilité des professionnels et assure la durabilité du système. Ce n’est qu’à partir du consensus que nous pourrons construire des soins primaires solides, équitables et modernes, capables de répondre aux défis du présent et du futur. Il ne s’agit pas d’éliminer plus de paperasserie, mais de passer à l’action, en s’appuyant sur l’expérience récente. »
Pilar Rodríguez Ledo, présidente de la SEMG