Publié le 26 février 2026 17:51:00. Une nouvelle étude internationale ouvre la voie à des traitements simplifiés contre le VIH, démontrant qu’une combinaison de seulement deux médicaments peut être aussi efficace que les trithérapies traditionnelles, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour les patients et une meilleure gestion de la résistance médicamenteuse.
- Une bithérapie à base de doravirine et d’islatravir s’avère aussi efficace et sûre qu’une trithérapie standard pour le traitement initial du VIH.
- L’étude, menée auprès de 756 personnes nouvellement diagnostiquées, montre que près de 90 % des participants ont atteint une charge virale indétectable après un an de traitement.
- Cette découverte pourrait réduire l’exposition cumulée aux médicaments antirétroviraux et offrir des alternatives thérapeutiques en cas de résistance.
Des chercheurs de l’hôpital universitaire de Bonn et de la société Merck ont publié les résultats d’un essai clinique de phase 3 dans la revue The Lancet HIV. Cette étude représente une avancée significative dans la prise en charge du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), en démontrant qu’une approche thérapeutique simplifiée peut être aussi performante que les schémas plus complexes actuellement utilisés.
L’essai clinique a impliqué 756 personnes séropositives débutant leur premier traitement après un diagnostic récent. La moitié des participants a reçu une association de doravirine et d’islatravir, tandis que l’autre moitié a suivi une trithérapie à base de bictégravir, d’emtricitabine et de ténofovir alafénamide – un traitement standard largement prescrit.
Après un an de suivi, les résultats ont été remarquablement similaires dans les deux groupes. Près de 90 % des participants ont atteint une charge virale indétectable dans leur sang, indiquant une suppression efficace du virus. De plus, une récupération comparable des cellules CD4, essentielles au système immunitaire souvent affaibli par le VIH, a été observée dans les deux groupes. Cette efficacité a été maintenue quel que soit le niveau initial de virus, l’état immunitaire des patients ou la présence de mutations pouvant entraîner une résistance aux médicaments.
Le Dr. Roger Paredes, chercheur principal de IrsiCaixa – un centre promu conjointement par la Fondation « la Caixa » et le Département de Santé de la Generalitat de Catalogne – et chef du Service des Maladies Infectieuses de l’Hôpital Allemand Trias i Pujol, souligne l’importance de cette découverte :
« Cette étude permet des stratégies thérapeutiques plus simples avec moins de médicaments mais avec la même efficacité virologique, et propose également des alternatives en cas de résistance pour intégrer les inhibiteurs de l’ase. »
Roger Paredes, chercheur principal de IrsiCaixa
Actuellement, les traitements initiaux contre le VIH recommandés incluent généralement des inhibiteurs de l’intégrase. Bien que des bithérapies existent déjà, elles reposent souvent également sur cette classe de médicaments. La réduction du nombre de médicaments administrés peut diminuer l’exposition cumulée aux antirétroviraux tout au long de la vie, potentiellement minimisant ainsi les effets secondaires à long terme et les interactions médicamenteuses.
De plus, disposer d’options thérapeutiques indépendantes des inhibiteurs de l’intégrase élargit les possibilités de traitement en cas de développement de résistances ou d’intolérance aux médicaments. Les chercheurs soulignent également que l’islatravir, l’un des composants de la bithérapie étudiée, possède une activité prolongée, ce qui pourrait à terme permettre des schémas d’administration plus espacés, comme une prise hebdomadaire ou une injection sous-cutanée tous les six mois.
Cette étude renforce donc la perspective de traitements du VIH plus simples, plus flexibles et personnalisés, tout en garantissant un contrôle durable et sûr du virus.