Publié le 3 octobre 2025. Des chercheurs de l’Université publique de Navarre (UPNA) ont contribué à la mise au point d’une technologie innovante de purification de l’air, capable de neutraliser efficacement les virus, y compris le SARS-CoV-2, grâce à des filtres ferromagnétiques chauffés par induction électromagnétique. Cette avancée, publiée dans la revue Advanced Science, promet une solution durable et peu énergivore pour assainir les espaces clos.
- Une technologie de filtration de l’air basée sur des filtres ferromagnétiques superhydrophiles a été développée pour stériliser l’air et éliminer les virus.
- Le système utilise le chauffage par induction électromagnétique pour chauffer les filtres entre 60 et 80 °C, désactivant ainsi les agents pathogènes.
- Des tests ont démontré une efficacité supérieure à 99,6 % contre des virus tels que le SARS-CoV-2 (variante Omicron) et le Virus Respiratoire Syncytial (VRS).
L’assainissement de l’air dans les lieux publics et confinés demeure un enjeu majeur, particulièrement face à la propagation de virus. Les solutions actuelles, comme les filtres HEPA ou les rayonnements ultraviolets, présentent des limites : les premiers ne font que retenir les micro-organismes sans les inactiver et nécessitent un entretien fréquent, tandis que les seconds peuvent générer des sous-produits nocifs. C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs, comprenant Alberto López Ortega et Eneko Garaio Urabayen de l’UPNA, a collaboré au développement d’une nouvelle approche prometteuse.
Sous la direction de Josep Nogués (Institut Català de Nanociència Nanotechnology – ICN2) et Borja Sepúlveda (Institut de Microélectronique de Barcelone – IMB-CNM), la recherche a abouti à la création de filtres ferromagnétiques en acier inoxydable. Ces filtres, dotés de propriétés superhydrophiles, sont capables de chauffer par induction électromagnétique, atteignant des températures comprises entre 60 et 80 °C. La particularité de cette technologie réside dans sa faible consommation d’énergie (inférieure à 30 W) et sa réutilisabilité.
Les chercheurs de l’UPNA ont joué un rôle crucial dans la caractérisation magnétique dynamique des filtres, essentielle à leur performance. « Nous avons analysé leur comportement en présence de champs alternatifs, afin de déterminer les fréquences et amplitudes optimales pour un chauffage rapide, homogène et stable », expliquent-ils.
Comment fonctionne cette technologie ?
Le principe est simple : lorsque l’air contaminé traverse ces filtres, les micro-gouttelettes contenant des virus, bactéries et autres particules sont capturées. Grâce aux parois chaudes du filtre, l’eau s’évapore rapidement à des températures bien inférieures au point d’ébullition. Les micro-organismes et polluants se retrouvent ainsi piégés et désactivés sur la surface du filtre, libérant uniquement de l’air pur et de la vapeur d’eau.
Efficacité démontrée contre divers virus
L’efficacité du système a été rigoureusement testée en laboratoire, notamment avec des virus respiratoires tels que le SARS-CoV-2 (variante Omicron) et le Virus Respiratoire Syncytial (VRS). Les expériences, menées dans un laboratoire de biosécurité de niveau 3 de l’Institut de Recherche Germans Trias i Pujol, ont révélé une capacité d’élimination des virus supérieure à 99,6 %, même à de fortes concentrations. Le filtre a également montré sa polyvalence en capturant d’autres éléments, comme des polluants organiques et des microplastiques.
Une solution réutilisable et intégrable
Un avantage majeur de ces filtres réside dans leur capacité à s’auto-nettoyer et à régénérer leur surface par un procédé pyrolytique, conservant leur efficacité sur au moins 10 cycles. Cette propriété réduit considérablement la production de déchets et les coûts d’exploitation. La conception des filtres permet une intégration aisée dans les systèmes de ventilation existants, offrant ainsi une solution sécurisée, durable et performante pour les hôpitaux, les bureaux, les écoles et les transports publics.
Cette avancée scientifique, qui a donné lieu à deux brevets associés (EP34788EP00 et EP22382611.6) et a été récompensée par le prix Ames-Joan Bas de R&D+i dans le domaine de la pulvimétallurgie, marque une étape significative vers la mise en place de systèmes de stérilisation de l’air plus performants et respectueux de l’environnement.