Home Économie Nouvelles suppressions d’effectifs chez SMU : la société mère Unimarc réalise sa plus grande restructuration depuis des années

Nouvelles suppressions d’effectifs chez SMU : la société mère Unimarc réalise sa plus grande restructuration depuis des années

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Publié le 2026-02-20 21:27:00. La chaîne de supermarchés SMU, filiale du groupe d’investissement d’Alvaro Saieh, accélère son plan de restructuration face à une concurrence accrue et une croissance économique nationale atone. Des milliers d’emplois sont concernés par ces ajustements, qui représentent la plus importante vague de suppressions de postes jamais annoncée par l’entreprise.

  • SMU a lancé un plan de restructuration impliquant des licenciements massifs, touchant environ un millier de personnes.
  • Ces ajustements s’inscrivent dans une série de mesures prises au cours des derniers mois, avec un coût total atteignant 38,1 millions de dollars américains (environ 35,7 millions d’euros au taux de change actuel).
  • L’entreprise justifie ces décisions par la nécessité de s’adapter à un environnement économique difficile et à l’augmentation de ses coûts opérationnels.

La situation de SMU, qui contrôle les enseignes Unimarc, Super 10, Alvi et Maxi Ahorro, s’aggrave dans un contexte de marché de plus en plus compétitif. L’entreprise a annoncé en janvier l’exécution d’un plan d’optimisation de sa structure organisationnelle, pour un coût initial estimé à 12,5 milliards de dollars (environ 14,4 millions d’euros). Ce plan, bien que présenté comme une optimisation, se traduit par une réduction significative des effectifs.

Selon des sources internes, les licenciements affectent environ un millier de collaborateurs, dont un quart travaillant au siège social et les trois quarts dans les différents supermarchés. SMU n’a pas souhaité commenter officiellement l’ampleur de ces suppressions de postes, malgré les sollicitations de Signal DF.

Ces 14,4 millions de dollars américains (environ 13,4 millions d’euros) représentent la restructuration la plus importante jamais rendue publique par SMU, après une succession d’ajustements au cours des douze derniers mois. L’entreprise a déjà mis en œuvre trois plans de restructuration et prévoit quatre autres pour l’année 2023, pour un coût total de 38,1 millions de dollars américains (environ 35,7 millions d’euros).

Avant cette dernière annonce, SMU avait déjà réduit ses effectifs de près de 2 000 personnes. En septembre dernier, l’entreprise comptait 22 500 employés, contre 24 500 à la fin de l’année 2022. Cette diminution du personnel s’accompagne d’une augmentation du nombre de magasins, comme l’a souligné Carolyn McKenzie, responsable des relations avec les investisseurs, lors de la dernière conférence sur les résultats :

« Bien que nous ayons augmenté le nombre de magasins dans le cadre de notre plan de croissance organique, notre effectif moyen a diminué de 1,4 % sur un an. »

Carolyn McKenzie, responsable des relations avec les investisseurs

Macarena Gutiérrez, analyste principale des revenus variables chez Credicorp Capital, nuance cependant l’impact de ces réductions :

« Même si les chiffres peuvent paraître très agressifs, nous devons garder à l’esprit l’ampleur de l’entreprise (…) la réduction était d’un peu plus de 5 % de la dotation, ce qui, même s’il s’agit d’un pourcentage non négligeable, ne modifie pas structurellement le fonctionnement de l’entreprise. »

Macarena Gutiérrez, analyste principale des revenus variables chez Credicorp Capital

Dans une lettre adressée à ses employés, dont Signal DF a eu connaissance, SMU justifie ces mesures par un contexte économique difficile :

« Il est de notoriété publique que nous avons été confrontés ces dernières années à un environnement difficile, ce qui nous a obligé à revoir nos opérations, afin d’assurer l’efficacité et la durabilité en tant qu’organisation. »

SMU, lettre aux employés

L’entreprise invoque notamment l’augmentation des coûts de logistique, de transport, d’exploitation et de production, ainsi que les augmentations de salaires et la hausse de 8,4 % de l’indice du coût nominal du travail.

Selon José Delgadillo, directeur associé du cabinet d’analyse ICR Chili, ICR Chili, l’augmentation des dépenses s’est produite en parallèle d’une baisse du volume des ventes en 2025, entraînant une diminution des revenus, en particulier dans le segment du commerce de gros. En septembre dernier, le chiffre d’affaires de SMU s’élevait à 2,074 milliards de dollars (environ 1,93 milliard d’euros), en hausse de 3 % par rapport à la même période en 2024, mais ses dépenses administratives ont progressé de 6,3 %.

Ce contexte a conduit le conseil d’administration à rejeter la proposition de dépenses pour 2026 lors de la présentation des budgets de fin d’année, obligeant l’entreprise à mettre en œuvre des coupes budgétaires. Eduardo Ramírez, analyste chez Bice Investments, estime que SMU cherche à générer des gains d’efficacité et à contrôler la croissance de ses dépenses par rapport à l’inflation, ce qui pourrait améliorer ses performances opérationnelles. Il souligne toutefois que la reprise des ventes n’est pas encore tangible.

Gutiérrez, de Credicorp, insiste sur la nécessité d’alléger les structures de dépenses, en agissant notamment sur le personnel et les installations :

« La consommation de base a traversé des périodes assez difficiles (…) les plans de restructuration deviennent inévitables. »

Macarena Gutiérrez, analyste principale des revenus variables chez Credicorp Capital

Cette situation difficile se reflète également dans la performance du titre SMU en bourse. Alors que l’indice boursier local S&PIPSA a progressé de 47 % au cours des douze derniers mois, l’action SMU a chuté de 8 %. Gutiérrez explique cette contre-performance par une performance des ventes plus discrète.

Pour que la valorisation du titre s’améliore, les analystes soulignent l’importance d’une meilleure dynamique des ventes et de la concrétisation des économies annoncées. Ramírez, de Bice Inversiones, estime que l’objectif principal de SMU devrait être le contrôle des coûts, dans un contexte de concurrence accrue et de marges brutes historiquement faibles. Il note que l’Ebitda par mètre carré des supermarchés de Cencosud au Chili est presque le double de celui de SMU, ce qui témoigne d’un défi important.

Delgadillo, d’ICR Chili, espère que ces plans contribueront à atteindre les objectifs de reprise de la production opérationnelle, en maintenant les dépenses opérationnelles sous contrôle et en tirant parti des investissements réalisés dans la technologie et les initiatives d’efficacité énergétique.

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