Publié le 8 novembre 2025. Omada Health, une entreprise spécialisée dans le traitement du diabète, a annoncé qu’elle commencerait à prescrire des médicaments GLP-1 pour l’obésité à partir de 2026. Cette décision intervient peu après l’annonce d’un accord visant à réduire significativement le coût de ces traitements, actuellement très onéreux.
- Omada Health proposera des prescriptions de médicaments GLP-1 pour l’obésité dès le premier semestre 2026.
- Ce revirement survient alors que l’administration Trump a annoncé des accords pour faire baisser le prix de ces traitements, potentiellement à 350 dollars par mois.
- La société justifie ce changement par la complexité croissante de la gestion des GLP-1 pour les prestataires de soins et les employeurs.
Jusqu’à présent, Omada Health, qui a levé des fonds considérables lors de son introduction en bourse en juin, avait délibérément laissé la prescription de ces médicaments, tels que l’Ozempic, aux médecins généralistes. Le PDG Sean Duffy avait précédemment indiqué qu’une telle démarche n’était pas envisagée, sauf demande explicite et massive de la part des membres de l’entreprise.
Le calendrier de cette annonce est particulièrement opportun. Quelques heures avant la décision d’Omada, Donald Trump a révélé des accords avec Eli Lilly et Novo Nordisk, fabricants de ces médicaments, visant à réduire leur coût. L’objectif est de faire passer le prix mensuel de traitements comme Wegovy ou Zepbound d’environ 1 000 dollars à 350 dollars pour les patients sans assurance, avec une cible de 250 dollars d’ici deux ans. Pour la première fois, le programme Medicare couvrira ces médicaments pour la perte de poids, avec une prise en charge mensuelle possible de 50 dollars pour certains bénéficiaires.
Selon Sean Duffy, la volte-face d’Omada Health n’est pas directement liée à une demande accrue des patients, mais plutôt aux retours de professionnels de santé et de clients employeurs. Ces derniers soulignaient la difficulté de gérer un paysage des GLP-1 en constante évolution, marqué par des molécules et des tarifs variés. Les employeurs craignent également une augmentation de leurs dépenses globales, notamment avec l’arrivée potentielle de versions orales de ces médicaments, qui devraient être moins coûteuses mais susceptibles d’accroître le nombre de patients traités.
« L’annonce de l’administration Trump souligne exactement pourquoi nous proposons la prescription », a commenté Sean Duffy, faisant référence à la volonté de maîtriser les coûts et de simplifier l’accès.
Omada Health, fondée en 2011, compte intégrer ce nouveau programme de prescription de GLP-1 à son offre existante de coaching humain et d’intelligence artificielle. L’objectif est d’accompagner les patients avant, pendant et après le traitement, notamment pour prévenir le risque de reprise de poids après l’arrêt des médicaments. La société compte également proposer des solutions pour aider les employeurs à optimiser leurs dépenses de santé.
Pour la mise en œuvre de ce programme de prescription, Omada Health s’appuiera sur une plateforme de télémédecine tierce. L’entreprise prévoit par ailleurs d’intensifier ses investissements dans l’IA générative et les GLP-1 pour l’année à venir, qualifiée d' »année des G ».
Malgré des résultats financiers au troisième trimestre supérieurs aux attentes, l’action Omada Health a connu une baisse. La société, qui n’est pas encore rentable malgré une réduction de ses pertes, évolue dans un marché de la santé numérique de plus en plus concurrentiel, face à de nombreux prescripteurs en ligne de GLP-1.
« Les investisseurs qui ont des positions longues disent qu’ils ne s’inquiètent pas de la volatilité. J’ai arrêté d’essayer de deviner. C’est ce à quoi nous avons souscrit. »
Sean Duffy, PDG d’Omada Health