Publié le 2025-10-26 11:24:00. Face à une recrudescence des agressions et menaces, l’hôpital Medisch Spectrum Twente (MST) autorise désormais ses employés à modifier l’affichage de leur nom sur leur badge d’identification, offrant plus d’options pour leur sécurité.
- Les employés du MST peuvent désormais choisir d’afficher uniquement leur prénom, ou de ne pas afficher de nom du tout sur leur badge.
- Cette mesure répond à un besoin de sécurité exprimé par le personnel, craignant d’être facilement identifiable en ligne et potentiellement exposé à des individus malveillants.
- Les chiffres de l’hôpital montrent une augmentation notable des signalements d’agressions au premier semestre 2025 par rapport à l’année précédente.
Au Medisch Spectrum Twente (MST), les patients ne verront plus systématiquement le nom complet de leurs soignants sur les badges. Cette évolution répond à une préoccupation majeure du personnel : la sécurité. L’initiative, portée par Rien Teutelink, responsable des processus au MST, permet désormais aux employés de choisir de n’afficher que leur prénom, ou de renoncer complètement à leur nom sur leur pièce d’identité professionnelle.
« Il y avait des employés qui ne se sentaient pas en sécurité, car ils sont également facilement traçables sur Internet », explique M. Teutelink. « Certains avaient déjà recouvert leur badge d’un autocollant, ne voulant pas que leur nom de famille soit visible par des personnes malveillantes potentielles. » Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de violence envers les professionnels, comme l’indiquaient des recherches antérieures du syndicat CNV. Une enquête menée auprès d’un millier de travailleurs des services et d’urgence avait révélé que 73 % d’entre eux avaient été victimes d’insultes ou de menaces, et 30 % de violences physiques. Le secteur des soins de santé était particulièrement touché par ces agressions.
Au sein même du MST, les professionnels de santé n’ont pas été épargnés par ce climat d’hostilité. Des objets jetés à la tête, des coups, des crachats, et des commentaires à caractère sexuel ont été rapportés par des employés à RTL Nieuws. L’hôpital enregistre lui-même ces incidents : 525 signalements d’agressions ont été recensés au premier semestre 2025, contre 377 sur la même période l’année précédente. De plus, 26 personnes se sont vu refuser l’accès à l’établissement jusqu’à présent en 2025, contre 29 sur l’ensemble de l’année 2024.
Le syndicat NU’91, représentant les professionnelles de santé, salue cette décision : « Nous constatons que le doxing (la diffusion de données personnelles dans le but d’intimider quelqu’un) devient un problème croissant », déclare la porte-parole Femke van der Palen. « Nous ne pensons pas nécessairement que cacher des noms sur des badges résoudra les agressions, mais les travailleurs de la santé nous disent souvent que cela leur permet de se sentir plus en sécurité. » Le MST n’est d’ailleurs pas le premier établissement à prendre une telle mesure ; l’hôpital Rijnstate d’Arnhem avait déjà adopté une démarche similaire.
Cette anonymisation des badges ne vise pas à créer une distance entre patients et soignants. « Le choix dépend en partie de la fonction », précise M. Teutelink. « Les médecins continueront d’être nommément répertoriés sur le site Internet, mais les services tels que les urgences et la sécurité bénéficieront d’un plus grand espace d’anonymat. Ils travaillent principalement dans des endroits à haut risque où, par exemple, des patients arrivent ivres et les abordent de manière agressive. Le nombre de refus a également doublé. »
La Fédération néerlandaise des patients se montre également favorable à cette initiative. « Toute forme d’agression envers les prestataires de soins de santé est bien entendu répréhensible », affirme le porte-parole Thijmen Hendriksen. « Il est bon de réaliser que l’expression de l’agressivité chez les patients cache souvent de l’incertitude et du désespoir, ou le sentiment d’être envoyés de pilier en poste. Pour éliminer ces sentiments, une bonne relation et une bonne communication entre le prestataire de soins et le patient sont d’une grande importance. La prise en compte de la façon dont les prestataires de soins sont reconnaissables est une décision que, à notre avis, les hôpitaux peuvent très bien prendre eux-mêmes. »
L’année dernière, un hommage silencieux de deux minutes avait été observé dans le secteur de la santé pour attirer l’attention sur la violence subie par les travailleurs. Les images de cet événement rappellent l’ampleur du problème auquel le personnel soignant est confronté.