Publié le 8 février 2026 à 21h38. Plusieurs banques centrales adoptent une politique de resserrement monétaire, et les experts s’interrogent sur la possibilité que les taux d’intérêt aient déjà atteint leur point bas en Norvège.
- Les économistes s’attendent à une inflation sous-jacente stable à 3 % en janvier, ce qui pourrait freiner les baisses de taux d’intérêt prévues par la Norges Bank.
- DNB Carnegie estime que la Norges Bank ne procédera qu’à une seule baisse de taux cette année, en juin.
- Les perspectives économiques américaines restent favorables, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale à maintenir ses taux inchangés.
La hausse des prix en Norvège s’avère plus tenace que prévu. Lors de sa dernière réunion en janvier, la gouverneure de la Norges Bank, Ida Wolden Bache, a souligné que l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire l’inflation des prix à la consommation corrigée des variations fiscales et des prix de l’énergie, se situe autour de 3 % depuis l’automne 2024. C’est cet indicateur qui préoccupe le plus la banque centrale dans sa prise de décision concernant les taux d’intérêt.
Mardi, l’Office norvégien des statistiques publiera de nouvelles données sur l’évolution des prix en janvier. Les économistes prévoient une inflation générale et sous-jacente de 3 %, selon une enquête Bloomberg. Kjersti Haugland, économiste en chef chez DNB Carnegie, estime que
« Nous pensons que l’inflation sous-jacente restera inchangée à 3,1 %, et qu’elle sera alors encore supérieure aux attentes de la Norges Bank. »
Kjersti Haugland, économiste en chef chez DNB Carnegie
Si ses prévisions se confirment, cela pourrait influencer les plans de la Norges Bank en matière de taux d’intérêt pour 2026.
Selon DNB Carnegie, la Norges Bank ne procédera qu’à une seule baisse de taux cette année, en juin. La banque centrale elle-même a indiqué qu’elle envisage une à deux réductions. Cependant, l’économiste en chef de DNB Carnegie met en garde :
« S’il reste élevé, il y a davantage de raisons d’être prudent quant aux baisses de taux d’intérêt à l’avenir, tant que l’économie reste forte. »
Kjersti Haugland, économiste en chef chez DNB Carnegie
Elle souligne également que plusieurs banques centrales sont désormais en train de relever leurs taux, et qu’il est possible que les taux d’intérêt en Norvège aient déjà atteint leur plancher.
Par ailleurs, les perspectives économiques aux États-Unis semblent s’améliorer. La semaine prochaine, le rapport mensuel sur l’emploi (Nonfarm Payrolls) sera publié. Les économistes de DNB Carnegie s’attendent à une baisse du chômage, à 4,3 % en janvier, en raison de signaux positifs provenant d’autres enquêtes. Kjersti Haugland explique que
« Si cela continue comme prévu, la peur diminuera encore davantage. Cela nourrira ce locataire en Réserve fédérale qui estiment qu’il n’est pas nécessaire de réduire davantage les taux d’intérêt aux États-Unis. »
Kjersti Haugland, économiste en chef chez DNB Carnegie
DNB continue de prévoir une baisse des taux d’intérêt par la banque centrale américaine en juin.
Enfin, la semaine sera également marquée par la publication des résultats trimestriels de plusieurs entreprises norvégiennes, notamment SalMar et Mowi dans le secteur de la pêche, ainsi que de Norse, la compagnie aérienne. Robert Næss, directeur des investissements chez Nordea, souligne l’intérêt particulier de suivre les performances des entreprises de produits de la mer, en raison des récentes fluctuations des prix du saumon.