À 75 ans, Daniel Bessière, figure emblématique de Muret, est bien plus qu’un simple supporter du Stade Toulousain. Cet ancien professeur de gymnastique, reconnaissable à son béret rouge, incarne l’engagement associatif et l’esprit frondeur qui font le charme de la vie locale.
Daniel Bessière ne passe pas inaperçu. Avec son béret rouge vissé sur la tête, un tee-shirt et une doudoune, il est une figure familière des Muretains. Surnommé affectueusement « Béret rouge », il savoure l’humour de cette appellation. « Ça me fait bien rire ! », confie-t-il avec son franc-parler habituel.
Son corps raconte une histoire. Une trentaine de tatouages ornent sa peau, chacun porteur d’une signification particulière. Sur son avant-bras droit, on peut lire son numéro de téléphone, accompagné des dates d’anniversaire de ses enfants, « pour ne jamais les oublier ! ». Un crocodile tatoué symbolise, quant à lui, une philosophie de vie : « Mordre la vie à pleines dents ! Je l’ai fait pendant le Covid, car on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. » Un joker dessiné sur son épaule gauche est un message aux jeunes : « Il faut toujours être prêt aux changements dans la vie, un joker en somme ! » Il se montre plus discret sur le reste de ses tatouages, par respect pour son épouse, Marie-Paule.
Après une carrière d’enseignant de gymnastique, Daniel a rejoint EDF, « pour la sécurité. C’était le rêve à l’époque. » Il appréciait particulièrement le contact avec les gens lors des relevés de compteurs. « J’aimais surtout la relation que j’avais avec eux », explique-t-il. L’arrivée des compteurs Linky a mis fin à cette proximité, ce qui l’a quelque peu contrarié. Il a ensuite intégré un bureau d’accueil EDF à Muret, mais son caractère bien trempé et sa tendance à accorder des délais de paiement aux personnes en difficulté l’ont conduit à la retraite. « Un jour, on m’a imposé un ordinateur, et là, je me suis échappé ! »
Le sport, et plus particulièrement le rugby, occupe une place centrale dans sa vie. Fan inconditionnel du Stade Toulousain, il a grandi à deux pas des grilles du stade, aux Sept Deniers. Une passion transmise à son petit-fils Martin, âgé de 10 ans, « qui est encore plus fan que moi ! »
Daniel Bessière est profondément impliqué dans la vie associative de Muret. Il a été membre du comité des fêtes et assure régulièrement des fonctions de scrutateur lors des élections. Son intérêt pour la vie locale le pousse à suivre de près les affaires municipales depuis 46 ans. Il se souvient d’Hélène Mignon, a été inscrit au Parti socialiste, puis a connu Alain Barrès et André Mandement. « Ce dernier a du caractère. Je ne regrette pas d’avoir levé la main pour lui. En trois mandats, il a fait beaucoup pour Muret ! La ville a bien changé ! Il se bat pour Muret. » Il regrette cependant le manque d’opposition au conseil municipal. « Autrefois, ça castagnait. Là, c’est peut-être un peu plus animé au moment des élections… »
Récemment, une photo de lui devant le local de campagne du Rassemblement National a suscité l’émoi. « Les uns m’ont dit : Alors Béret rouge, tu as tourné ta veste ! » s’amuse-t-il. Mais Daniel, fidèle à son style décontracté, ne s’en inquiète pas. « Comme je suis toujours en tee-shirt, pas de souci de ce côté-là… »
Il est également possible de croiser Daniel Bessière coiffé d’un béret noir du Stade Toulousain.