Une collaboration inédite entre Opentrons, spécialiste de la robotique de laboratoire, et Nvidia, géant de l’intelligence artificielle, promet de révolutionner la recherche en biotechnologie en accélérant considérablement le processus de découverte de nouveaux médicaments. L’objectif : combler le fossé entre la prédiction informatique et la validation expérimentale, un obstacle majeur au progrès scientifique.
L’industrie biotechnologique se trouve à un tournant. Les modèles informatiques, notamment ceux développés grâce à la plateforme NVIDIA BioNeMo, sont désormais capables de générer des hypothèses à une vitesse supérieure à celle des scientifiques pour les tester en laboratoire. Cette situation a fait de l’exécution expérimentale l’étape la plus limitante du processus de recherche.
Opentrons se positionne comme la solution à ce problème. L’entreprise a démocratisé l’automatisation de laboratoire en proposant des robots pilotés par des interfaces de programmation (API) à un coût accessible, contrairement aux systèmes sur mesure traditionnels, souvent très onéreux. Plus de 10 000 systèmes Opentrons sont déjà déployés dans les 20 plus grandes universités de recherche américaines et au sein de 14 des 15 plus grandes entreprises biopharmaceutiques mondiales.
Ce vaste réseau représente le plus grand ensemble standardisé d’automatisation de laboratoire au monde, une véritable « usine distribuée » capable de générer les données concrètes nécessaires à l’apprentissage des modèles d’intelligence artificielle dite « physique ».
Le partenariat s’articule autour d’un système en « boucle fermée » : un agent d’IA (alimenté par NVIDIA BioNeMo) propose une structure moléculaire et un plan expérimental. Les robots Opentrons, formés grâce aux plateformes NVIDIA Isaac et Cosmos, exécutent ensuite physiquement l’expérience en laboratoire. Les résultats obtenus sont réinjectés dans le modèle d’IA pour affiner les hypothèses suivantes.
« Connecter les modèles informatiques à la validation expérimentale est essentiel », explique Stacie Calad-Thomson, responsable des soins de santé chez NVIDIA. En fournissant une « infrastructure physique standardisée », Opentrons garantit que les données renvoyées à l’IA sont cohérentes et reproductibles, des qualités souvent absentes des travaux manuels en laboratoire.
Cette collaboration vise à réduire les délais de découverte de plusieurs années à quelques semaines seulement, en permettant à l’IA d’apprendre en continu à partir des résultats du monde réel et d’accélérer ainsi le développement de nouvelles thérapies.