L’or sous pression : le métal précieux peine à maintenir les 4000 dollars
Le cours de l’or connaît actuellement des turbulences, peinant à se maintenir au-dessus du seuil psychologique des 4000 dollars. Cette faiblesse s’explique par un dollar américain plus robuste et un apaisement des tensions géopolitiques, deux facteurs qui viennent tempérer la demande pour ce métal précieux considéré comme une valeur refuge.
Un ralentissement observé, mais une demande sous-jacente toujours présente
Ces derniers jours, le prix de l’or s’est retrouvé en difficulté, oscillant autour de la zone des 4000 dollars. La remontée du billet vert et la perte de l’élan qui avait propulsé le métal jaune à des sommets historiques pèsent sur son cours.
La question centrale pour les analystes est désormais de savoir si ce repli représente un simple accroc ou le début d’un sommet durable. L’avenir de l’or dépendra en grande partie de la poursuite des achats par les banques centrales et de l’évolution des politiques monétaires. Néanmoins, cette faiblesse était anticipée par certains observateurs et ne constitue donc pas une surprise totale.
Au cours des deux dernières semaines, la dynamique baissière de l’or est devenue manifeste, suite au renversement des niveaux exceptionnellement surachetés atteints précédemment. Si le seuil des 4000 dollars a été franchi à la baisse, déclenchant des ventes techniques, le fait que le prix ait ensuite réussi à se redresser au-dessus de ce niveau – bien que sans nouvel élan haussier pour l’instant – est un signe encourageant.
Cependant, la baisse des importations d’or par la Chine en septembre, qui a chuté de 17,6% par rapport au mois précédent, laisse entrevoir une modération temporaire de la demande. Malgré ce chiffre, les importations totales restent substantielles, dépassant les 22 tonnes. Ce ralentissement pourrait indiquer que la Banque populaire de Chine (PBOC) juge les prix actuels trop élevés, plutôt qu’un changement fondamental dans sa stratégie de diversification. Les données officielles de la PBOC, attendues prochainement, devraient apporter un éclairage plus précis sur les intentions de la banque centrale.
D’autres éléments viennent également peser sur le moral des investisseurs : la désescalade du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine est un facteur négatif pour l’or, tout comme les signes de ralentissement économique qui incitent les traders à prendre leurs bénéfices sur leurs positions longues. L’annonce par le président de la Fed d’une baisse des taux en décembre, bien que potentiellement interprétée différemment, n’est pas non plus un moteur haussier pour le métal précieux. Enfin, le récent record des indices boursiers mondiaux détourne une partie de l’attrait des actifs refuges comme l’or.
Quel avenir pour le cours de l’or ?
Sur le plan technique, le graphique de l’or sur le long terme conserve une tendance haussière. Par conséquent, malgré la récente correction, il convient de rester prudent avant de déclarer un sommet définitif, d’autant que les paris baissiers sur ce rallye n’ont pas été fructueux ces derniers temps. Si le cours parvient à se maintenir durablement au-dessus des 4000 dollars, cela confirmerait la solidité de la tendance haussière.
À l’inverse, si l’or peine à franchir cet obstacle et amorce une nouvelle descente sous les 4000 dollars, il sera alors légitime de penser qu’un sommet à court terme pourrait être atteint, ouvrant la voie à de nouvelles ventes jusqu’à ce que les prix redeviennent attractifs ou que le sentiment général sur les marchés évolue vers une recherche de sécurité.
Les niveaux de résistance à surveiller à court terme incluent 4045 dollars, puis le niveau inférieur de la ligne de tendance rompue autour de 4100 dollars. En dessous du seuil des 4000 dollars, le premier niveau de support se situe à 3970 dollars, suivi du plus bas de la semaine dernière à 3886 dollars. En deçà de ce dernier, les supports deviennent moins évidents, avec des niveaux ronds comme 3800 ou 3700 dollars, avant d’atteindre le plus haut d’avril à 3500 dollars, qui représente désormais le support à long terme le plus significatif.