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Ostéoporose chez les enfants et les adolescents

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Publié le 2025-11-08 16:00:00. L’ostéoporose, un trouble métabolique osseux souvent associé au vieillissement, touche de plus en plus de personnes, y compris les plus jeunes. Les experts alertent sur l’augmentation des cas chez les moins de 50 ans et soulignent l’importance cruciale de la prévention dès l’enfance.

  • L’ostéoporose affecte 3 millions de personnes en Espagne, entraînant 300 000 fractures annuelles et un coût de santé de 4 milliards d’euros.
  • Les jeunes sont de plus en plus touchés par des formes secondaires liées à des traitements (corticostéroïdes) ou à des maladies chroniques.
  • La prévention passe par une alimentation riche en calcium, l’exposition au soleil, l’activité physique et l’évitement des toxiques dès le plus jeune âge.

L’ostéoporose, maladie du métabolisme osseux qui peut apparaître dès l’enfance et l’adolescence, connaît une recrudescence chez les personnes de moins de 50 ans. Cette augmentation s’explique notamment par des causes secondaires telles que l’usage prolongé de glucocorticoïdes, des troubles endocriniens, ou encore des maladies inflammatoires chroniques et auto-immunes. Ces constats ont été soulignés lors du VIIe Cours sur l’ostéoporose et la pathologie métabolique osseuse, organisé par la Société espagnole de rhumatologie.

En Espagne, la maladie frappe 3 millions d’individus, générant chaque année environ 300 000 fractures de fragilité, ce qui représente une charge pour le système de santé évaluée à 4 milliards d’euros. Le Dr Enrique Casado, chef de la section de rhumatologie de l’hôpital universitaire Parc Taulí de Sabadell, met en garde contre une augmentation exponentielle de ces chiffres dans les dix prochaines années. Cette projection s’appuie sur l’allongement de l’espérance de vie et une évolution des modes de vie : sédentarité accrue, diminution de la consommation d’aliments riches en calcium, moindre exposition au soleil, pollution plus importante, consommation d’aliments ultra-transformés et usage fréquent de corticostéroïdes.

Face à ce tableau, le Dr Casado insiste sur l’impératif de la prévention, particulièrement dès les premières années de vie. « L’acquisition d’une masse osseuse optimale chez les jeunes est cruciale pour réduire le risque d’ostéoporose et de fractures à l’âge adulte. Prendre soin de ses os dès le plus jeune âge, c’est investir dans une vie d’adulte plus saine », affirme-t-il. Il recommande une alimentation variée et un apport suffisant en calcium, une exposition modérée au soleil pour des niveaux optimaux de vitamine D, une activité physique régulière, et l’abstinence des habitudes toxiques comme le tabac et l’alcool.

L’ostéoporose chez l’enfant : un défi diagnostique

Chez l’enfant, l’ostéoporose peut avoir une origine primitive, liée à des maladies osseuses d’origine génétique comme l’ostéogenèse imparfaite, ou une origine secondaire. Cette dernière survient dans le cadre de maladies chroniques, de traitements prolongés avec des médicaments potentiellement toxiques pour les os (tels que les corticostéroïdes), d’une immobilisation prolongée (due à des maladies neurologiques, des myopathies, la paralysie cérébrale, etc.), ou encore de troubles nutritionnels et hormonaux. Selon le Dr Rosa Bou, du Service de Rhumatologie Pédiatrique de l’Hôpital Sant Joan de Déu de Barcelone, les manifestations chez l’enfant incluent des fractures (vertébrales ou touchant les os longs) et une masse osseuse réduite.

La prise en charge de l’ostéoporose infantile dépend de sa cause. Elle peut comporter des suppléments de calcium et de vitamine D, des traitements visant à améliorer la masse osseuse tels que les bisphosphonates, des séances de physiothérapie, des interventions chirurgicales, et un contrôle rigoureux de la maladie chronique sous-jacente le cas échéant. Le Dr Bou souligne la nécessité d’une approche multidisciplinaire et d’une transition coordonnée vers un spécialiste adulte lorsque le patient atteint l’âge.

Des avancées thérapeutiques chez l’adulte

Le Dr Laïa Gifre, rhumatologue à l’hôpital universitaire allemand Trias i Pujol de Barcelone, met en lumière les progrès notables réalisés ces dernières années dans la prise en charge globale de l’ostéoporose adulte. Ces avancées concernent tant les aspects thérapeutiques que le suivi des patients. L’introduction de nouveaux agents pharmacologiques offre des perspectives prometteuses, notamment pour les personnes présentant un risque très élevé de fractures ou ayant subi des fractures récentes. L’intégration de ces nouvelles options dans les recommandations cliniques améliore la stratification et l’efficacité des traitements.

Par ailleurs, des progrès ont été accomplis dans la stratégie thérapeutique séquentielle, c’est-à-dire dans la définition de l’ordre optimal d’initiation ou d’arrêt des différents traitements anti-ostéoporotiques. Il est également important de noter la mise en place progressive d’unités dédiées à la prévention secondaire des fractures de fragilisation au sein des systèmes de santé, connues sous le nom de FLS (Fracture Liaison Service).

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