Home Économie Oubliez la récession, l’économie mondiale est gérée «chaude»

Oubliez la récession, l’économie mondiale est gérée «chaude»

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Publié le 7 octobre 2025. Malgré une inflation persistante et des dettes colossales, les principales économies mondiales semblent privilégier une politique de relance plutôt que le freinage, une approche qui surprend et profite aux marchés actions et à l’or.

  • Les marchés mondiaux atteignent de nouveaux sommets, alimentés par l’enthousiasme pour l’intelligence artificielle et une politique économique accommodante.
  • Ce revirement intervient alors que les craintes de récession s’estompent, remplacées par une tendance à la flexibilité monétaire et budgétaire.
  • L’inflation, bien que toujours présente dans la plupart des économies du G7, semble mise de côté au profit de la croissance.

Il y a à peine six mois, les inquiétudes concernant une récession imminente planaient sur les économies mondiales, exacerbées par des tensions commerciales et des marchés financiers sous pression. Pourtant, la donne a radicalement changé. Les indices boursiers mondiaux flirtent avec des records, portés par un engouement renouvelé pour l’intelligence artificielle, malgré les avertissements de bulles spéculatives.

Cette nouvelle donne trouve un écho particulier au Japon. L’élection surprise de Sanae Takaichi à la tête du Parti libéral-démocrate au pouvoir devrait marquer un tournant, avec une orientation probable vers la relance budgétaire plutôt qu’un resserrement monétaire. La Banque du Japon (BoJ) maintient ses taux directeurs à 0,5 %, une politique plus restrictive que celle de ses homologues du G7.

En Europe, les taux de la Banque Centrale Européenne (BCE) se rapprochent de leurs plus bas niveaux depuis trois ans (2 %), tandis que la Réserve Fédérale américaine (Fed) a repris son assouplissement monétaire. Elle devrait encore abaisser son taux directeur de 50 points de base d’ici la fin de l’année, le portant à près de 3,5 %.

Cette orientation monétaire expansionniste intervient alors que l’inflation reste obstinément supérieure aux objectifs de 2 % fixés par les banques centrales. Aux États-Unis et au Japon, elle avoisine les 3 %. L’inflation « sous-jacente », excluant les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, s’est établie à 3 % en moyenne pour le G7 en août, un chiffre peu éloigné de son pic et alimentant les spéculations sur un possible assouplissement des cibles d’inflation.

Cette politique économique expansionniste se manifeste par des conditions financières remarquablement souples : gains à deux chiffres pour les indices boursiers, primes de risque de crédit historiquement basses, reprise de l’activité des fusions-acquisitions et dynamisme du marché des introductions en bourse (IPO). L’intérêt pour les entreprises liées à l’IA, même sur de simples mentions, entraîne des hausses de valorisation significatives.

La politique budgétaire ne vient pas freiner cette tendance, bien au contraire. Outre la perspective d’une relance au Japon, l’Allemagne s’apprête à déployer un plan de relance budgétaire de près d’un trillion d’euros. En France, la conjoncture politique tendue maintient des déficits annuels proches de 5 % du PIB. Aux États-Unis, le président Donald Trump a signé une loi de finances cet été promettant des réductions d’impôts et une déréglementation pour stimuler une économie déjà en croissance.

Ces mesures, combinées aux investissements massifs dans l’IA et la défense à l’échelle mondiale, pourraient expliquer la résilience des prévisions de croissance mondiale, malgré les incertitudes initiales. Les estimations de croissance des bénéfices des entreprises pour 2026 s’élèvent à 13,8 % pour les États-Unis et 12,4 % pour l’Europe.

En Chine, le Parti Communiste devrait également esquisser son prochain plan économique quinquennal. Le développement de la relance intérieure et technologique sera probablement au cœur des discussions, face aux tensions commerciales internationales.

L’adoption rapide de l’IA pourrait potentiellement générer une hausse significative de la productivité à l’échelle de l’économie. Combinée à une stabilité des prix de l’énergie, cela pourrait permettre de soutenir la croissance sans aggraver l’inflation. Cependant, cela relève encore de la conjecture.

Pour les investisseurs, cet environnement d’économie « surchauffée » explique la convergence des stratégies vers les actions et les actifs considérés comme des protections contre l’inflation, tels que l’or, depuis le milieu de l’année. Cela renforce également la tendance observée sur la courbe des rendements obligataires, où les taux d’emprunt à long terme augmentent par crainte d’une inflation persistante, même si les banques centrales semblent privilégier une politique de relance.

Dans ce contexte, les craintes de bulles spéculatives sont susceptibles de persister. La dynamique concurrentielle mondiale incite chaque pays à éviter de freiner son économie, et les indicateurs politiques semblent désormais résolument orientés vers la croissance.

Par Mike Dolan

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