Publié le 2025-10-17 15:25:00. L’Agence européenne des médicaments (EMA) pourrait bientôt approuver Brinsupri (brensokatib), un nouveau traitement prometteur pour la bronchectasie hors mucoviscidose. Cette avancée médicale offre une première option thérapeutique ciblée pour les patients souffrant de cette grave maladie pulmonaire chronique.
- Le comité d’experts de l’EMA, le CHMP, a donné un avis favorable à l’autorisation de mise sur le marché de Brinsupri dans l’UE.
- Ce médicament vise spécifiquement la bronchectasie, une affection pulmonaire grave affectant jusqu’à trois millions d’Européens.
- Brinsupri agit en bloquant une enzyme clé impliquée dans l’inflammation et les dommages aux voies respiratoires.
La bronchectasie, bien que partageant des symptômes avec la mucoviscidose, n’est pas d’origine génétique. Elle peut être déclenchée par diverses causes, telles que des infections respiratoires, des maladies auto-immunes ou des déficiences immunitaires. Caractérisée par une toux chronique, une production anormale de mucus et des dilatations des bronches, cette maladie entraîne des épisodes d’aggravation fréquents, une détérioration progressive de la fonction pulmonaire, une baisse de la qualité de vie et une augmentation de la mortalité. Jusqu’à présent, les patients bénéficiaient principalement de traitements symptomatiques, notamment pour dégager les voies aériennes, ainsi que d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires.
Le principe actif de Brinsupri, le brensokatib, cible et inhibe la dipeptidyl peptidase 1 (DPP-1). Cette enzyme joue un rôle crucial dans l’activation des neutrophiles, un type de globules blancs. Leur activation excessive et répétée contribue aux dommages des voies respiratoires, à la surproduction de mucus, à l’inflammation chronique et à une défense immunitaire compromise chez les patients atteints de bronchectasie. En bloquant cette enzyme, le brensokatib vise à interrompre ce cycle pathologique.
Brinsupri a bénéficié du programme PRIME (PRIority MEdicines) de l’EMA, conçu pour soutenir le développement de médicaments innovants répondant à des besoins médicaux non satisfaits. L’examen de la demande d’autorisation s’est déroulé dans un calendrier accéléré, soulignant l’importance de ce traitement pour la santé publique.
La recommandation du CHMP repose sur les résultats d’un essai clinique international de grande ampleur, en double aveugle et contrôlé par placebo, ayant inclus 1 767 patients. Les résultats ont démontré que les patients traités par Brinsupri présentaient une réduction significative des épisodes d’aggravation de leur maladie, avec 19,4 % d’épisodes en moins par rapport au groupe placebo. De plus, une proportion nettement plus élevée de patients sous Brinsupri ont réussi à passer une année sans épisode de déclin de leur état de santé.
Concernant les effets secondaires, les plus fréquemment rapportés lors des essais cliniques incluent des maux de tête, des gingivites (inflammation des gencives) et divers problèmes cutanés tels que l’hyperkératose (épaississement de la peau), la dermatite (irritation et gonflement de la peau), des éruptions cutanées et une peau sèche. La décision finale concernant l’approbation du médicament au sein de l’Union européenne reviendra à la Commission européenne, qui suit généralement les recommandations du CHMP.