Publié le 24 février 2026 20:03:00. À l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion russe, le soutien à l’Ukraine s’affirme au Parlement européen et à Kiev, malgré des blocages persistants au sein de l’Union européenne concernant l’aide financière et les sanctions.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a plaidé devant le Parlement européen pour une aide financière de 90 milliards d’euros et une date précise d’adhésion à l’UE.
- Le Parlement européen a adopté une résolution ferme contre la Russie, appelant à l’utilisation des avoirs russes gelés pour la reconstruction de l’Ukraine et à un renforcement des sanctions.
- La Hongrie continue de bloquer le 20e paquet de sanctions contre la Russie ainsi qu’une aide financière majeure à Kiev.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, ont marqué l’anniversaire de l’invasion par une visite de solidarité à Kiev. Parallèlement, le Parlement européen s’est réuni en session extraordinaire pour exprimer son soutien à l’Ukraine, tandis que les États membres, réunis au sein du Conseil de l’UE, peinaient à trouver un consensus sur de nouvelles mesures à l’encontre de la Russie et sur l’allocation d’une aide financière substantielle à Kiev.
S’exprimant par visioconférence devant les députés européens, Volodymyr Zelensky a souligné l’importance cruciale d’une aide financière de 90 milliards d’euros, qu’il a qualifiée de « véritable garantie financière de la sécurité de l’Ukraine ». Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas seulement d’un soutien budgétaire, mais aussi d’un moyen de permettre au pays de poursuivre sa résistance et d’assurer sa stabilité.
Le président ukrainien a également appelé à une pression accrue sur Moscou, estimant qu’il ne devrait « y avoir aucune place dans le monde libre pour le pétrole russe, les pétroliers russes, les banques russes ». Il a proposé d’introduire une interdiction totale d’entrée dans l’UE pour tous les participants à l’agression russe, suscitant une vague d’applaudissements dans l’hémicycle. Zelensky a ensuite soulevé la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, affirmant qu’il était « important pour nous d’obtenir une date d’adhésion précise », soulignant que sans perspective claire, Moscou ferait tout pour retarder le processus d’intégration européenne de l’Ukraine et diviser l’Europe.
« Il est important pour nous d’obtenir une date d’adhésion précise. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Ursula von der Leyen a reconnu les progrès réalisés par l’Ukraine dans sa voie vers l’adhésion, mais a tempéré les attentes concernant un calendrier précis. Elle a déclaré que, bien que l’UE soutienne pleinement l’objectif de l’Ukraine, « les dates, par elles-mêmes, ne sont pas possibles ».
Le Parlement européen a réagi à l’intervention de Zelensky en adoptant une résolution particulièrement ferme à l’égard de la Russie. Le texte appelle à utiliser les avoirs russes gelés pour la reconstruction de l’Ukraine, à renforcer les restrictions sur la « flotte de l’ombre » et les structures qui aident à contourner les sanctions, et à mettre un terme définitif à la dépendance énergétique à l’égard de la Russie, notamment en matière de pétrole, de gaz, de charbon et de combustible nucléaire. La résolution insiste également sur la nécessité de fournir à l’Ukraine des garanties de sécurité fiables et à long terme, comparables aux obligations de l’article 5 de l’OTAN ou de l’article 42, paragraphe 7 du traité de l’UE, et d’accélérer l’intégration européenne du pays.
Le débat au Parlement européen a été marqué par des critiques virulentes à l’encontre de Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, accusé de bloquer l’aide à l’Ukraine et de servir les intérêts de Moscou. Michael Gahler, rapporteur spécial du Parlement européen sur l’Ukraine, a qualifié Orbán de « cheval de Troie de Vladimir Poutine » et a mis en garde contre les conséquences de son comportement. La visite de von der Leyen à Kiev a eu lieu à la veille du quatrième anniversaire de l’invasion russe.
Les députés européens ont également adopté une déclaration conjointe avec la Verkhovna Rada (Parlement ukrainien) sur la traduction en justice des responsables de crimes de guerre, soulignant que « les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ne doivent pas échapper à la justice » et qu’aucune disposition d’amnistie ou d’impunité ne doit être appliquée.
La cinquième année de guerre commence donc dans un contexte de soutien continu à l’Ukraine, mais aussi de défis persistants pour l’Union européenne, qui doit faire face à des divisions internes et à la nécessité de trouver un consensus sur des mesures cruciales pour l’avenir de l’Ukraine et de la sécurité européenne.