Publié le 18 février 2026 à 19h00. La Conférence de Munich sur la sécurité est marquée par la présence controversée de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, suscitant la colère d’une partie de l’opposition iranienne qui le considère comme un facteur de division.
- Reza Pahlavi, fils du dernier Shah, a participé à la Conférence de Munich sur la sécurité, provoquant l’indignation de certains exilés iraniens.
- Une manifestation rassemblant jusqu’à 250 000 personnes s’est tenue à Munich contre le régime iranien, mais aussi contre la présence de Pahlavi.
- Des critiques pointent du doigt le programme de Pahlavi et ses liens avec l’ancien régime, le qualifiant de « gifle » au mouvement pour la liberté.
La Conférence de Munich sur la sécurité, traditionnellement axée sur les relations entre les États-Unis et l’Europe, a été le théâtre d’un débat animé concernant l’Iran. Au-delà des discussions diplomatiques, la présence de Reza Pahlavi a ravivé les tensions au sein de l’opposition iranienne en exil.
Le fils du dernier Shah d’Iran a profité de cet événement pour rencontrer divers interlocuteurs et tenir une conférence de presse. Sa venue a cependant été contestée par une partie de l’opposition, qui l’accuse de ne pas incarner les aspirations démocratiques du peuple iranien. Une manifestation d’envergure, rassemblant selon les organisateurs jusqu’à 250 000 personnes, a eu lieu dans la capitale bavaroise pour dénoncer le régime des mollahs, mais aussi pour exprimer son opposition à la présence de Pahlavi.
Sahar Sanaie, militante des droits de l’homme et partisane du Conseil national de la Résistance iranienne (NRWI), a qualifié l’invitation de Pahlavi de « gifle » au mouvement pour la liberté. Elle a déclaré :
« Il n’a jamais pris ses distances avec les crimes de ses ancêtres, y compris contre des groupes ethniques en Iran, il poursuit un programme douteux – et il est plus un facteur de division qu’une lueur d’espoir. »
Sahar Sanaie, militante des droits de l’homme
Pahlavi a publiquement apporté son soutien aux manifestations de masse en Iran depuis les États-Unis et est considéré par certains comme une figure potentielle de l’opposition. L’expert étranger de la CDU, Roderich Kiesewetter, s’est entretenu avec lui par liaison vidéo, le remerciant pour un « excellent échange ». Cependant, cette approche suscite des critiques, notamment de la part de ceux qui estiment que Pahlavi cherche à instrumentaliser les protestations pour ses propres ambitions.
Selon Sanaie, certains groupes ethniques n’ont pas participé aux manifestations de décembre et janvier en raison de la présence de Pahlavi. Elle dénonce son programme, qu’elle estime fondé sur une volonté de rétablir un régime autoritaire. Elle a également mis en avant un programme de 100 jours présenté par Pahlavi, qu’elle juge incompatible avec les aspirations démocratiques du peuple iranien.
Sanaie critique également une grande manifestation prévue à Munich ce samedi, qu’elle estime influencée par des « courants monarchistes ». Elle plaide pour un rejet de toute forme d’autocratie et soutient le « plan en dix points » de Maryam Radjavi, présidente du NRWI, bien que ce groupe soit controversé en raison de ses liens avec les Moudjahidine du peuple, autrefois classés comme organisation terroriste par l’Union européenne. Le NRWI bénéficie du soutien de personnalités politiques allemandes, telles que Peter Altmaier et, jusqu’à son décès, Rita Süssmuth.
(Sources : Entretien avec Sahar Sanaie, dpa, recherches propres)
Note de transparence : Le 13 février, des informations supplémentaires concernant le NRWI, les Moudjahidine du peuple et une demande d’informations aux organisateurs de la manifestation à Munich ont été ajoutées à cet article.