Publié le 18 février 2026 à 18h51. Une étude scientifique suggère que la metformine, un médicament couramment prescrit pour le diabète de type 2, pourrait être associée à une longévité exceptionnelle chez les femmes, grâce à ses effets potentiels sur le processus de vieillissement.
- Les femmes diabétiques de type 2 traitées à la metformine présentent un risque 30 % inférieur de mourir avant l’âge de 90 ans, comparativement à celles recevant un autre antidiabétique.
- La metformine est considérée comme un médicament gérothérapeutique, capable de ralentir divers processus liés au vieillissement.
- Bien que prometteurs, les résultats de cette étude nécessitent d’être confirmés par des essais cliniques randomisés plus approfondis.
Des chercheurs américains et allemands ont analysé les données d’une vaste étude à long terme portant sur des femmes ménopausées. L’analyse a porté sur les dossiers de 438 participantes, dont la moitié suivait un traitement à la metformine pour leur diabète, tandis que l’autre moitié prenait une sulfonylurée, un autre type de médicament antidiabétique.
Les résultats indiquent que les femmes ayant reçu de la metformine avaient une probabilité significativement plus faible de décéder avant l’âge de 90 ans. Les chercheurs ont souligné que la metformine agit sur plusieurs mécanismes impliqués dans le processus de vieillissement, ce qui a conduit à l’hypothèse qu’elle pourrait prolonger la durée de vie.
« Il a été démontré que la metformine agit sur plusieurs mécanismes impliqués dans le processus de vieillissement et a donc été proposée comme médicament susceptible de prolonger la durée de vie chez l’homme. »
Chercheurs, Journal of Gerontology : Medical Sciences
La metformine est utilisée depuis des décennies et est de plus en plus reconnue pour ses propriétés gérothérapeutiques. Des études antérieures ont suggéré qu’elle pourrait limiter les dommages à l’ADN et stimuler l’activité des gènes associés à la longévité. Certaines recherches ont également associé la metformine à une réduction de l’usure cérébrale et à un risque diminué de complications à long terme liées à la COVID-19.
Il est important de noter que cette étude observationnelle ne peut pas établir de lien de causalité direct. Les participantes n’ont pas été assignées aléatoirement à un traitement spécifique, mais ont suivi les recommandations de leurs médecins. De plus, l’étude ne comportait pas de groupe placebo et la taille de l’échantillon était relativement limitée.
Cependant, les chercheurs soulignent que la longue période de suivi – en moyenne 14 à 15 ans – constitue un atout majeur de cette étude. Une telle durée permet de mieux comprendre l’impact d’une intervention sur la durée de vie, ce qui est difficile à réaliser dans le cadre d’essais cliniques randomisés plus courts.
« Un avantage majeur de notre analyse était la longue période de suivi après le début du traitement, rendue possible par l’examen d’une cohorte largement surveillée allant de la quarantaine à 90 ans et plus, ce qui n’est pas réalisable dans les essais cliniques randomisés typiques. »
Chercheurs
Les chercheurs suggèrent que de futurs essais cliniques randomisés pourraient approfondir ces résultats et confirmer le potentiel de la metformine en matière de longévité. Dans un contexte de vieillissement de la population mondiale, la recherche de moyens pour améliorer la santé et prolonger la durée de vie en bonne santé reste une priorité. sciencealert.com
Ils ajoutent que l’hypothèse selon laquelle le vieillissement biologique est malléable et que son ralentissement pourrait retarder ou prévenir l’apparition de maladies et de handicaps liés à l’âge est de plus en plus étudiée. L’identification de nouvelles interventions thérapeutiques et préventives pour ralentir le vieillissement biologique constitue un objectif clé pour la recherche médicale.
L’étude a été publiée dans le Journal of Gerontology : Medical Sciences.