Publié le 13 février 2026 à 15h59. Le Bangladesh se tourne vers une nouvelle ère politique après une victoire écrasante du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) aux élections parlementaires, un an et demi après le départ de Sheikh Hasina.
- Le BNP a remporté la majorité absolue aux élections anticipées de jeudi.
- Les électeurs ont également approuvé par référendum un programme de réformes politiques de grande envergure.
- Tarique Rahman, leader du BNP, pourrait devenir le prochain chef du gouvernement après 17 ans d’exil.
Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a obtenu une victoire décisive aux premières élections parlementaires organisées au Bangladesh depuis l’exil de Sheikh Hasina en août 2024. Selon les résultats partiels publiés par la Commission électorale nationale, le BNP a remporté 209 des 297 sièges contestés, avec l’ajout probable de trois sièges supplémentaires grâce à ses partenaires de coalition. Le Bangladesh Jamaat-e-Islami, le plus grand parti islamiste du pays, arrive en deuxième position avec 68 sièges.
Cette victoire marque un tournant pour le BNP, qui avait été marginalisé pendant les longues années de règne de Sheikh Hasina. Le parti avait déjà revendiqué sa victoire peu après la clôture des bureaux de vote. Le service de presse du BNP a annoncé sur Plateforme X qu’il formera le prochain gouvernement.
Parallèlement aux élections législatives, un référendum a été organisé sur un ensemble de réformes constitutionnelles et juridiques. Ce plan ambitieux prévoit notamment de limiter la durée du mandat du Premier ministre, de créer une seconde chambre parlementaire et de renforcer le contrôle du gouvernement. Certains observateurs locaux ont toutefois exprimé des réserves quant à la complexité du programme, craignant que de nombreux électeurs ne comprennent pas pleinement les enjeux du vote.
L’Inde et le Pakistan ont rapidement félicité le BNP et son dirigeant, Tarique Rahman, âgé de 60 ans. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a exprimé son espoir de renforcer les « relations multiformes » entre les deux pays via Plateforme X.
Ces élections étaient perçues comme un test crucial pour la transition démocratique du Bangladesh, après les troubles violents de l’été 2024 qui ont conduit à la fuite de Sheikh Hasina en Inde. Un gouvernement de transition dirigé par le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus avait été mis en place dans l’attente de ce scrutin. En novembre 2024, Sheikh Hasina a été condamnée par contumace à la mort par un tribunal pénal pour crimes contre l’humanité, et son parti, la Ligue Awami, a été suspendu, lui interdisant de présenter des candidats.
Tarique Rahman, fils de l’ancien Premier ministre Khaleda Zia, est revenu au Bangladesh en décembre après 17 ans d’exil à Londres. Il devra désormais relever de nombreux défis, notamment celui de restaurer la confiance de la population et de tenir ses promesses de campagne, en particulier en matière de lutte contre la corruption et de relance économique. Les sondages préélectoraux indiquaient que la corruption était la principale préoccupation des 175 millions d’habitants de ce pays pauvre.
Certains analystes soulignent que le long exil de Rahman pourrait l’avoir éloigné des réalités politiques intérieures du Bangladesh.
Le taux de participation à ces élections s’est élevé à 59 %. Les résultats définitifs dans deux circonscriptions ont été suspendus en raison de contestations judiciaires, et le vote a été reporté dans une autre.
(Source : APA/dpa)