Publié le 26 février 2026. La nomination du film « Un ours dans le Jura » aux César suscite une vive polémique : plusieurs associations de protection animale dénoncent l’utilisation d’animaux sauvages dans les productions cinématographiques, appelant à un code de conduite plus strict.
La présence du film « Un ours dans le Jura », réalisé par Franck Dubosc et Sarah Kaminsky, dans la catégorie « Meilleur scénario original » pour la 51e cérémonie des César, a mis en lumière une question éthique récurrente : l’exploitation animale au nom du divertissement. Plusieurs organisations de protection animale s’indignent que l’utilisation de l’ours Valentin, même brève, n’ait pas été remise en question par l’Académie des César.
En 2021, une loi avait été adoptée pour protéger les animaux non domestiques contre l’exploitation dans les spectacles itinérants et les présentations d’ours dressés. Cependant, cette protection ne s’étend pas pleinement aux tournages cinématographiques, une lacune que dénoncent les associations. Elles estiment qu’il existe un deux poids, deux mesures, le gouvernement fermant les yeux sur cette pratique.
L’ours Valentin, autrefois exploité dans des fêtes médiévales, a continué à subir des contraintes lors de tournages pour des films comme « Y’a pas de réseau », des publicités (Krisprolls) ou des clips musicaux (Wejdene). Les associations dénoncent une captivité prolongée et des séances de dressage inutiles.
Les défenseurs des animaux rappellent que les ours, qu’ils soient nés en captivité ou non, sont des animaux sauvages aux besoins spécifiques. Ils nécessitent un environnement complexe, un territoire vaste, et la possibilité d’hiberner. Les maintenir en captivité pour des tournages est donc inacceptable.
Les associations soulignent qu’il est impossible de justifier l’emprisonnement et le dressage d’animaux sauvages au nom du divertissement. Elles appellent à une prise de conscience collective et à l’adoption d’un code de conduite plus éthique dans le monde du cinéma.
En 2024, France Télévisions a pris une décision historique en encourageant les productions à ne pas utiliser de véritables animaux sur les tournages. Cette initiative est saluée comme un pas important vers un cinéma plus respectueux des animaux. Les associations appellent les autres chaînes de télévision à suivre cet exemple.
Les signataires de cette tribune demandent aux sociétés de production de financer uniquement des œuvres qui ne font pas appel à des dresseurs d’animaux sauvages et aux César de prendre en compte ce critère dans leurs choix de récompenses. Elles affirment que le cinéma a tout à gagner à ne plus être complice de la souffrance animale.
Signataires
-
Muriel Arnal, présidente de One Voice
-
Christophe Coret, président et co-fondateur d’AVES France
-
Christine Grandjean, présidente de C’est Assez !
-
Stéphane Lamart, président et fondateur de l’association Stéphane Lamart
-
Julien Nibes, association Vie Libre
-
Anissa Putois, Responsable communication et campagnes de l’association PETA France
-
Amandine Sanvisens, cofondatrice et directrice de PAZ
Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.