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Peine de mort : trois exécutions en deux jours aux USA, en Iran 1537 en l’espace d’un an

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Les États-Unis ont procédé à trois exécutions capitales entre le 14 et le 15 octobre, portant le bilan de l’année à 38 détenus exécutés. Ces affaires, qui rappellent la réalité de la peine de mort outre-Atlantique, impliquent des parcours judiciaires complexes et des crimes souvent barbares.

Un condamné du Mississippi exécuté après trente ans dans le couloir de la mort

Charles Ray Crawford, 59 ans, a été mis à mort le 15 octobre dans l’État du Mississippi. Après plus de trois décennies passées dans l’antichambre de l’exécution, cet homme blanc a reçu une injection mortelle au pénitencier d’État de Parchman, situé à plus de 200 kilomètres au nord de Jackson. Son crime : le kidnapping, le viol et le meurtre de Kristy Ray, 20 ans, le 29 janvier 1993. Déclaré coupable de ces faits lors de deux procès distincts, Crawford avait d’abord clamé son innocence avant de passer aux aveux partiels, permettant la découverte du corps de sa victime. Malgré des allégations de troubles de la mémoire et d’évanouissements, rendant floues ses recollections du viol et de l’agression à l’aide d’un marteau, le jury l’avait reconnu coupable des deux chefs d’accusation. Sa condamnation à mort datait du 23 avril 1994. L’un des derniers recours de sa défense, plaidant une violation de ses droits constitutionnels au titre du Sixième Amendement – concernant la reconnaissance de sa culpabilité par son avocat principal contre sa volonté, au profit d’une défense basée sur l’aliénation mentale – avait été rejeté par la Cour suprême des États-Unis. Il s’agit de la deuxième exécution dans le Mississippi cette année et de la 25e depuis la reprise de la peine capitale dans cet État en 1983.

Un policier abattu par un homme recherché pour homicide

Le 14 octobre, le Missouri a vu l’exécution de Lance Shockley, 48 ans, également par injection mortelle, à la prison d’État de Bonne Terre, à environ 210 kilomètres à l’est de Jefferson City. Cet homme blanc a été condamné pour le meurtre du sergent Carl Dewayne Graham Jr. de la patrouille routière du Missouri, en mars 2005. Les faits remontent à l’époque où Shockley, recherché pour homicide involontaire suite à un accident mortel ayant coûté la vie à son meilleur ami, aurait attendu pendant des heures près du domicile du policier avant de l’abattre au fusil et au pistolet. La défense de Shockley a soutenu que de nombreuses preuves à décharge n’auraient jamais été correctement examinées. Les avocats ont vainement tenté d’obtenir des sursis d’exécution auprès des cours d’appel de l’État afin de pouvoir procéder à des tests ADN sur des éléments retrouvés sur les lieux du crime, arguant que ces analyses auraient pu potentiellement disculper leur client. C’est la première exécution dans le Missouri cette année et la 102e depuis le rétablissement de la peine capitale en 1989. Aucune autre exécution n’est prévue dans cet État pour 2025.

Un septuagénaire exécuté en Floride pour le meurtre de deux femmes

Samuel Lee Smithers, 72 ans, a été exécuté le 14 octobre en Floride, également par injection mortelle, à la prison d’État de Floride, près de Starke. Condamné à mort le 25 juin 1999 pour deux meurtres au premier degré, il est accusé d’avoir ôté la vie à Christy Cowan et Denise Roach en mai 1996. Les deux femmes auraient été tuées dans un motel de Tampa, où Smithers s’était rendu pour des relations sexuelles payantes. Leurs corps ont été découverts dans un étang, où les victimes avaient été battues, étranglées et abandonnées. La Cour suprême de Floride avait rejeté son dernier appel la semaine précédente. Les avocats de Smithers avaient invoqué son âge avancé, arguant que celui-ci le rendait inéligible à la peine capitale en vertu de l’interdiction des peines cruelles et inhabituelles. Cependant, les juges ont estimé que l’âge ne constituait pas une exemption catégorique. Smithers est le 14e détenu exécuté cette année en Floride et le 120e depuis le rétablissement de la peine de mort en 1979.

Composition de l’injection létale

L’injection létale, méthode privilégiée aux États-Unis, repose sur une combinaison de trois substances :

  • Le thiopental sodique (Pentothal), un barbiturique utilisé notamment comme « sérum de vérité » ou pour l’euthanasie animale.
  • Le pancuronium (Pavulon), un myorelaxant qui induit une relaxation musculaire. Sa structure, similaire au cholestérol mais enrichie en azote, peut provoquer une mort lente et douloureuse si l’inhalation n’est pas optimale, comme constaté dans l’État de l’Alabama.
  • Le chlorure de potassium, utilisé en médecine pour traiter une carence en potassium. Administré en dose excessive, il entraîne des nausées, vomissements, diarrhées, puis des arythmies cardiaques, des fibrillations et finalement un arrêt cardiaque.

Focus : La peine de mort en Iran, un bilan alarmant

À l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre dernier, le Centre de statistiques des militants des droits de l’homme en Iran (HRA) a publié son rapport annuel, dressant un tableau préoccupant de la situation iranienne. Entre le 10 octobre 2024 et le 8 octobre 2025, le HRA a recensé au moins 1 537 exécutions par pendaison, soit une augmentation de plus de 86 % par rapport à la période précédente. Ces chiffres sont basés sur les travaux de journalistes de l’organisation pour les droits de l’homme HRANA et un réseau de sources indépendantes et vérifiables.

Parmi ces exécutions, 8 ont été rendues publiques. Les rapports de HRANA font état de 1 314 cas d’exécutions ou de condamnations à mort. Les victimes identifiées comprennent 49 femmes et 3 mineurs, âgés de moins de 18 ans au moment des faits présumés. L’augmentation des exécutions de femmes est particulièrement frappante, avec une hausse de 113 % par rapport à la période précédente. Les autorités iraniennes auraient également condamné à mort au moins 191 accusés, dont 14 femmes, et 4 personnes à une exécution publique au cours de cette période.

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