Publié le 6 février 2026 18h30. Une étude de l’Université de Bristol révèle un paradoxe nutritionnel : il est possible de manger jusqu’à 50 % de plus tout en réduisant son apport calorique quotidien, grâce à un choix d’aliments non transformés.
- Les participants consommant des aliments entiers ont mangé 57 % de plus en poids, mais 330 calories de moins par jour.
- Notre corps possède une « intelligence nutritionnelle » qui nous guide vers des choix alimentaires équilibrés lorsqu’il est exposé à des aliments non transformés.
- Les aliments ultra-transformés « trompent » le cerveau en fournissant à la fois énergie et micronutriments, ce qui peut entraîner un surplus calorique.
Une nouvelle analyse de l’Université de Bristol, s’appuyant sur les données d’une étude américaine menée par les National Institutes of Health, met en lumière un mécanisme surprenant : la composition des aliments que nous consommons influence profondément nos choix et notre apport calorique.
L’étude originale avait comparé les effets d’un régime composé exclusivement d’aliments entiers à ceux d’un régime basé sur des aliments ultra-transformés (AUT). Les chercheurs de Bristol ont constaté que le groupe consommant des aliments non transformés ingérait en moyenne 57 % de nourriture en plus en poids, tout en réduisant son apport calorique quotidien de 330 calories. Un résultat contre-intuitif qui soulève des questions fondamentales sur notre rapport à l’alimentation.
Selon le professeur Jeff Brunstrom, chercheur principal de l’étude, ce phénomène s’explique par une capacité innée de notre organisme à réguler son alimentation en fonction de ses besoins.
« Il est remarquable de constater que lorsque les gens se voient proposer des aliments complets, ils sélectionnent intuitivement des aliments qui équilibrent plaisir, nutrition et satiété, tout en réduisant leur apport énergétique global. »
Jeff Brunstrom, professeur de psychologie expérimentale
Cette « intelligence nutritionnelle » nous pousse à privilégier des aliments riches en fibres, en vitamines et en minéraux, tout en limitant notre consommation de produits plus caloriques.
Les participants au régime non transformé ont ainsi naturellement privilégié de généreuses portions de fruits et de légumes, parfois plusieurs centaines de grammes par repas, au détriment de la viande, des pâtes et des produits laitiers gras. Un choix qui, sans effort conscient, a permis de réduire leur apport calorique global.
À l’inverse, les aliments ultra-transformés semblent perturber ce mécanisme de régulation. Le Dr Annika Flynn, co-chercheuse, explique :
« Cela soulève la possibilité alarmante que les aliments ultra-transformés fournissent à la fois de l’énergie et des micronutriments d’un seul coup, ce qui pourrait conduire à un surplus calorique. »
Dr Annika Flynn, co-chercheuse
Ces produits, souvent enrichis en vitamines, mais également très caloriques, « trompent » le cerveau en lui donnant l’illusion d’un apport nutritionnel complet, ce qui supprime le besoin naturel de rechercher des aliments réellement nutritifs.
L’étude souligne donc l’importance de ne pas se concentrer uniquement sur la restriction calorique, mais plutôt sur la qualité des aliments que nous consommons. La solution n’est pas de se priver, mais de donner à notre corps la possibilité de faire des choix éclairés.
« La suralimentation n’est pas nécessairement le problème principal », insiste le professeur Brunstrom. « Nos recherches ont clairement montré que les consommateurs suivant un régime non transformé mangeaient beaucoup plus. Mais la composition nutritionnelle des aliments influence les choix, et il semble que les aliments ultra-transformés poussent les gens vers des options plus riches en calories. »
En privilégiant les aliments sous leur forme naturelle – légumes, fruits, légumineuses, noix, viande et poisson non transformés – nous activons un mécanisme ancestral qui nous aide à manger plus sainement et plus léger, de manière intuitive et durable.