Publié le 17 février 2026 11:55:00. La nouvelle contribution de 2 euros sur les petits colis en provenance de pays tiers, mise en place début janvier, est déjà remise en question. L’introduction d’une taxe européenne de 3 euros à partir du 1er juillet, combinée à des stratégies de contournement, menace de la rendre obsolète et soulève des questions de compatibilité avec le droit communautaire.
- Une contribution de 2 euros sur les petits colis hors UE (valeur inférieure à 150 euros) est en vigueur depuis le 1er janvier.
- L’Union européenne prévoit une taxe de 3 euros sur ces mêmes colis à partir du 1er juillet.
- Des opérateurs logistiques cherchent déjà à contourner la taxe italienne en acheminant les marchandises via d’autres États membres de l’UE.
L’application de cette contribution nationale, bien qu’initialement conçue comme une mesure temporaire, pourrait être de courte durée. Selon un rapport de l’Assonime (Association des sociétés par actions), les flux de marchandises sont déjà en train de se détourner de l’Italie. Les opérateurs privilégient l’entrée des colis dans d’autres pays de l’Union européenne où cette taxe ne s’applique pas, avant de les acheminer vers le territoire italien par transport intra-UE.
« Dans un contexte marqué par l’existence du marché unique européen et l’absence de contrôles aux frontières intérieures, l’application d’un prélèvement non harmonisé influence déjà les choix de logistique et de distribution des opérateurs », souligne l’Assonime dans sa circulaire 2/2026, signée par son directeur général, Stefano Firpo. Cette situation entraîne « un déplacement des flux d’importation non imputable à des nécessités économiques ou organisationnelles, mais déterminé par l’application d’une charge nationale non prévue dans les autres États membres, avec des effets de distorsion sur la concurrence entre opérateurs et entre États membres ».
Les chiffres de l’Agence des douanes et des monopoles confirment cette tendance. Entre le 1er et le 20 janvier, le nombre de petits colis en provenance de pays tiers a diminué de 36 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ce changement de comportement s’accompagne d’une augmentation des transports intra-UE, y compris par voie terrestre, ce qui, selon l’Assonime, est en contradiction avec les objectifs de durabilité et de réduction des émissions promus au niveau européen.
Au-delà des conséquences logistiques et environnementales, la contribution italienne soulève des questions juridiques. L’Assonime met en garde contre un potentiel conflit avec le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) et avec les principes fondamentaux de l’union douanière. Le caractère forfaitaire et généralisé de la taxe pourrait être interprété comme un droit de douane déguisé, ce qui serait contraire au droit européen.
Même si le législateur italien a explicitement cherché à éviter la qualification de droit de douane, l’effet économique de la mesure est de réintroduire une taxe sur les opérations que l’UE avait cherché à faciliter. Cette contribution anticipe, à l’échelle nationale, une politique douanière qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain, avec l’instauration de la taxe européenne de 3 euros.