Home Économie « Peut-être qu’il ne le veut pas. » Les autorités russes ont publié une liste de voitures adaptées aux taxis

« Peut-être qu’il ne le veut pas. » Les autorités russes ont publié une liste de voitures adaptées aux taxis

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Publié le 3 octobre 2025 à 05:43. À partir de mars prochain, la Russie interdira aux taxis d’opérer avec des véhicules de fabrication étrangère. Une nouvelle réglementation, dont la liste des modèles autorisés vient d’être publiée par le ministère de l’Industrie et du Commerce, suscite déjà l’indignation et l’étonnement chez les professionnels du secteur.

  • La loi dite de « localisation » impose une flotte majoritairement composée de marques russes.
  • Les chauffeurs dénoncent le manque de confort, les prix élevés et l’absence d’équipements essentiels sur les modèles proposés.
  • Certains véhicules homologués pour des usages professionnels lourds sont inappropriés pour le transport de passagers.

L’année prochaine, les opérateurs de taxis russes devront se conformer à une nouvelle directive imposant l’utilisation de véhicules d’origine nationale. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a rendu publique une liste de 20 modèles qui seront désormais les seuls autorisés. Si l’intention est de favoriser la production locale, la sélection de ces modèles a provoqué un tollé parmi les chauffeurs. Oubliées les Mercedes, Skoda et Toyota, les professionnels devront désormais se tourner vers des marques comme Lada, UAZ ou Moskvich.

Les critiques portent sur l’adéquation de ces véhicules avec les exigences du métier de taxi. Anton Shaparin, vice-président de l’Union Nationale Automobile, pointe du doigt les lacunes de ces modèles.

« De nombreux véhicules figurant sur la liste du ministère de l’Industrie et du Commerce ne sont pas adaptés aux taxis. »

Anton Shaparin, Vice-président de l’Union Nationale Automobile

Il ajoute que certains modèles nationaux ne disposent que d’une boîte de vitesses manuelle, un détail qui, selon lui, découragera les chauffeurs de s’en équiper. De plus, les voitures russes sont dépeintes comme manquant de confort et étant proposées à des prix jugés excessifs, avec des options comme la climatisation réservées aux finitions les plus chères.

Le problème de l’équipement est particulièrement criant pour certains modèles UAZ, comme les Patriot et Hunter, envisagés par le ministère pour un usage taxi, mais qui ne disposent même pas de sacs gonflables (airbags). Shaparin soulève également un point technique important concernant l’homologation.

« Qui va les acheter ? Après tout, ils sont homologués pour la catégorie N1G (camions destinés au tout-terrain), mais seul la catégorie M1, c’est-à-dire une voiture, est autorisée pour le taxi. »

Anton Shaparin

Les rares véhicules qui suscitent un minimum d’intérêt, comme le Moskvich 3, sont rapidement critiqués pour leur bruit et leur inconfort. Les voitures électriques, bien que plus avancées, sont également jugées inadaptées en raison du manque d’infrastructures de recharge.

« Il y a un manque de bornes de recharge, la charge est lente et chaotique ; nous constatons différents types de connecteurs sur les bornes. »

Anton Shaparin

L’étonnement général est accru par l’absence de certaines marques nationales pourtant plus conformes aux standards. C’est le cas de la Solaris, produite dans l’ancienne usine Hyundai à Saint-Pétersbourg, ou des véhicules chinois Haval, assemblés dans la région de Toula. Le canal Telegram « Autopotok » suggère que le ministère ne dévoile pas tous les critères de sélection.

« L’absence de marques qui méritent d’être incluses dans la liste suggère que le ministère ne publie pas tous les critères de leur sélection. Il est clair que Solaris et Haval dépassent largement les normes de localisation de tout modèle évolué. »

Canal Telegram Autopotok

Anton Shaparin anticipe déjà les conséquences de cette mesure : les chauffeurs de taxi indépendants refuseront d’acheter ces véhicules, ce qui, selon lui, conduira à une prolifération du travail au noir dans le secteur.

Cette nouvelle politique de localisation des taxis a rencontré une vive opposition de la part des milieux d’affaires et des experts. Des amendements avaient été proposés avant l’adoption finale, mais la commission de la Douma d’État les a tous rejetés, conclut Gazeta.

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