Home Santé Peut-on éviter de prendre du poids pendant la périménopause ? L’effet des hormones et huit clés pour ajuster le régime alimentaire

Peut-on éviter de prendre du poids pendant la périménopause ? L’effet des hormones et huit clés pour ajuster le régime alimentaire

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Publié le 15 février 2024. La périménopause, période de transition vers la ménopause, s’accompagne souvent de changements corporels, notamment une prise de poids, qui peut inquiéter les femmes. Des spécialistes expliquent les mécanismes hormonaux et métaboliques en jeu, et les stratégies pour bien vivre cette étape.

  • La périménopause est une phase de transition hormonale qui peut entraîner une modification de la répartition des graisses et un ralentissement du métabolisme.
  • La diminution des œstrogènes favorise l’accumulation de graisse abdominale, augmentant les risques pour la santé cardiovasculaire et métabolique.
  • Adopter une alimentation équilibrée, pratiquer une activité physique régulière et, si nécessaire, envisager un traitement hormonal substitutif peuvent aider à gérer ces changements.

De nombreuses femmes constatent une variation de leur poids pendant la périménopause, même en conservant leurs habitudes alimentaires et physiques habituelles. Ce phénomène est directement lié aux fluctuations hormonales qui affectent le métabolisme et la répartition des graisses dans le corps, selon les spécialistes.

La clinique Mayo précise que cette prise de poids se manifeste généralement au niveau de l’abdomen, des hanches et des cuisses. Cependant, les changements hormonaux ne sont pas la seule cause. L’âge, le mode de vie et les prédispositions génétiques jouent également un rôle.

La Dre Laura Maffei, endocrinologue (MNº 62441) et directrice du Centre Médical et de Recherche Clinique Appliquée Maffei, a expliqué à Infobae que la périménopause est une transition qui débute généralement entre 40 et 50 ans et peut s’étendre sur plusieurs années avant la ménopause définitive. Durant cette période, la diminution progressive des œstrogènes entraîne des modifications de la composition corporelle.

« À ce stade, le corps a tendance à augmenter la masse grasse, car d’autres types d’œstrogènes aident à compenser le manque des ovaires. Ce mécanisme a une fonction protectrice, notamment pour la santé osseuse et cardiovasculaire. »

Laura Maffei, endocrinologue

Par ailleurs, la Dre Maffei souligne que le métabolisme ralentit avec l’âge et que les changements hormonaux favorisent également la prise de poids. La répartition de cette prise de poids peut varier d’une femme à l’autre : certaines prennent du poids de manière généralisée, tandis que d’autres le remarquent davantage au niveau abdominal.

La Dre Liliana Papalia, médecin (MNº 114921), spécialiste en Nutrition – Obésité à l’Université de Favaloro et diplômée en Sexualité et Neurosciences de l’UNR, explique que la diminution des œstrogènes favorise l’accumulation de graisse abdominale et viscérale, augmentant ainsi le risque de syndrome métabolique, de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Cependant, une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et, dans certains cas, un traitement hormonal substitutif peuvent aider à prévenir ces changements.

La ménopause, poursuit la Dre Papalia, est une transition physiologique inévitable, mais pas une fatalité.

« C’est un moment de redéfinition qui peut être vécu avec conscience, science et philosophie. »

Liliana Papalia, médecin spécialiste en Nutrition

Elle détaille cette approche en trois points :

  • Conscience : envisager le vieillissement comme une opportunité.
  • Science : appliquer des stratégies d’exercice, de nutrition et des thérapies personnalisées.
  • Philosophie : comprendre que le corps change, mais que notre perception de ces changements dépend de notre point de vue culturel et personnel.

La Dre Maffei insiste sur le fait que la prise de poids n’est pas inéluctable et dépend de la manière dont les changements hormonaux et métaboliques sont gérés.

« Pour éviter une prise de poids excessive, il est recommandé d’adopter une alimentation équilibrée adaptée à la nouvelle dépense énergétique, de pratiquer une activité physique régulière combinant exercices de force et aérobiques, de contrôler le stress, d’améliorer la qualité du sommeil, d’éviter de fumer et de bénéficier d’un suivi médical et nutritionnel. »

Laura Maffei, endocrinologue

L’excès de poids, en particulier au niveau abdominal, augmente le risque de problèmes respiratoires, de maladies cardiaques et vasculaires, ainsi que de diabète de type 2, selon la clinique Mayo. Il augmente également le risque de certains cancers, comme le cancer du sein, du côlon et de l’endomètre.

Les causes de la prise de poids à ce stade, selon la Dre Papalia, sont les suivantes :

  • Diminution des œstrogènes endogènes : cela perturbe la régulation de l’appétit et favorise le dépôt de graisse viscérale.
  • Réduction de la dépense énergétique basale : la perte de masse maigre diminue le métabolisme.
  • Manque d’activité physique : un mode de vie sédentaire entraîne un bilan énergétique positif.
  • Facteurs psychosociaux et reproductifs : grossesses précoces avec prise de poids importante, courtes périodes d’allaitement, isolement social ou habitudes alimentaires malsaines.
  • Résistance accrue à l’insuline et risque de syndrome métabolique.

La Dre Maffei explique que le traitement hormonal substitutif (THS) vise principalement à compenser la diminution des œstrogènes et à améliorer les symptômes de la ménopause, tels que les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil et la sécheresse. Cependant, son indication doit être évaluée par des professionnels spécialisés, qui détermineront si ce traitement est bénéfique et sûr. Si le THS n’est pas indiqué, d’autres traitements peuvent accompagner le bien-être général.

La Dre Papalia recommande les stratégies suivantes :

  1. Repas fractionnés : 4 à 5 petits repas par jour pour réguler la satiété et le métabolisme.
  2. Consommer des protéines de qualité : poisson, légumineuses, œufs, produits laitiers écrémés, pour préserver la masse musculaire.
  3. Inclure des fibres et des phytoestrogènes : céréales complètes, fruits, légumes et soja, qui facilitent le transit intestinal et peuvent soulager les symptômes vasomoteurs.
  4. Opter pour des graisses saines : huile d’olive, avocat, noix, graines (oméga 3 et 6).
  5. Hydratation adéquate : l’eau comme boisson principale, limiter l’alcool et les boissons sucrées.
  6. Calcium et vitamine D : produits laitiers faibles en gras, sardines, brocolis et exposition modérée au soleil pour prévenir la perte osseuse.
  7. Modération en sel et éviter au maximum les aliments ultra-transformés : pour réduire le risque d’hypertension et de syndrome métabolique.
  8. Limiter le sucre ajouté : L’American Heart Association (AHA) recommande aux femmes de ne pas consommer plus de 100 calories par jour provenant du sucre, soit 25 grammes.

En matière d’exercice, la Dre Papalia recommande « au moins 150 minutes par semaine d’activité aérobique modérée (marche, vélo, tapis roulant) et de la combiner avec des exercices de musculation, qui réduisent la graisse abdominale et améliorent la composition corporelle. »

La Dre Maffei conclut qu’éviter la prise de poids pendant la ménopause est non seulement possible, mais dépend en grande partie de la manière dont on gère les changements hormonaux et métaboliques typiques de cette étape.

« La prise de poids n’est pas une fatalité. Avec des ajustements de style de vie et un accompagnement professionnel, il est possible de traverser la ménopause tout en conservant un poids santé et une bonne composition corporelle. »

Laura Maffei, endocrinologue

Enfin, la Dre Papalia rappelle que, comme l’écrivait Simone de Beauvoir dans « Le Deuxième Sexe », l’histoire des femmes est davantage déterminée par leur destin physiologique que celle de l’homme, et que chaque transition – puberté, initiation sexuelle, ménopause – se révèle comme une crise décisive. Elle souligne toutefois que l’inconfort provient moins du corps que de la conscience angoissée qui l’interprète, et que de nombreuses femmes vivent obsédées par la peur de vieillir. Cette perspective philosophique nous invite à redéfinir la ménopause non pas comme une perte, mais comme une opportunité de redéfinition.

« La ménopause n’est pas une fin, mais une transition. »

Liliana Papalia, médecin spécialiste en Nutrition

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