L’action Pfizer a connu une hausse significative après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes et l’annonce de premiers succès dans le développement d’un nouveau médicament contre l’obésité, mais les analystes soulignent que le véritable potentiel de l’entreprise réside dans ses avancées en oncologie et son recours croissant à l’intelligence artificielle.
Pfizer a annoncé un chiffre d’affaires de 17,56 milliards de dollars pour le quatrième trimestre, dépassant les prévisions des analystes qui tablaient sur 16,93 milliards de dollars. Le bénéfice par action (BPA) ajusté s’est élevé à 69 cents, contre 57 cents attendus. L’annonce la plus marquante a été la publication des premiers résultats positifs de l’étude de phase 2b pour son principal candidat médicament GLP-1, destiné à traiter l’obésité.
L’action PFE a clôturé en hausse de 4 % le 4 février, après que les investisseurs ont eu le temps d’analyser ces chiffres. Si l’enthousiasme autour du GLP-1 est palpable, les experts estiment que la croissance durable de Pfizer proviendra de son portefeuille en expansion dans le domaine de l’oncologie et de l’intégration rapide de l’intelligence artificielle dans ses activités de recherche et développement.
Le marché des médicaments amaigrissants est en pleine expansion, avec des prévisions de passage de 62,2 milliards de dollars en 2025 à 157 milliards de dollars d’ici 2035, soit un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 9,7 %. Cette perspective attire des investissements massifs dans le secteur.
Le principal atout de Pfizer dans ce domaine est son candidat GLP-1, MET-097i. Les résultats de l’étude de phase 2b VESPER-3 ont révélé une perte de poids statistiquement significative, ajustée au placebo, allant jusqu’à 12,3 % après 28 semaines de traitement. De plus, les patients ont continué à perdre du poids après le passage d’une dose hebdomadaire à une dose mensuelle, sans signe de stagnation.
Cependant, les analystes mettent en garde contre un optimisme excessif basé uniquement sur les résultats du GLP-1. Bien que prometteurs, ces médicaments nécessiteront du temps avant d’avoir un impact significatif sur les résultats financiers de l’entreprise. La concurrence dans ce secteur est également forte, notamment avec Eli Lilly & Co.
L’oncologie représente un moteur de croissance potentiellement plus important pour Pfizer. Le marché mondial des médicaments oncologiques est estimé à 264,92 milliards de dollars en 2026 et devrait atteindre 648,08 milliards de dollars d’ici 2035, avec un TCAC d’environ 10,3 %.
Fin 2025, Pfizer disposait d’environ 60 candidats médicaments en développement, offrant de multiples opportunités de conquérir des parts de marché. L’acquisition de Seagen en 2023 a considérablement enrichi son portefeuille, notamment avec des candidats avancés comme le Vepdegestrant, un dégradateur de protéines ciblé, associé à l’atirmociclib, pour le traitement du cancer du sein métastatique ER+/HER2-.
Parmi les autres candidats prometteurs, on compte Sigvotatug vedotin, un conjugué anticorps-médicament en phase 3 d’essais contre le cancer du poumon non à petites cellules, et Sasanlimab, ciblant le cancer de la vessie. L’agent bispécifique PD-1xVEGF (PF-4404), combiné à Padcev, pourrait également devenir un traitement majeur pour le cancer urothélial.
Pfizer mise également sur l’intelligence artificielle pour accélérer sa recherche et développement. Des partenariats avec des entreprises comme Boltz, XtalPi et Data4Cure permettent d’optimiser la modélisation biomoléculaire, la conception moléculaire et l’analyse des données en oncologie, réduisant potentiellement les délais d’identification des cibles d’au moins 50 %. Des plateformes internes comme « Charlie » gèrent l’exploration de données et la génération de contenu, tandis que des collaborations avec NVIDIA optimisent la découverte et la fabrication de médicaments.
L’entreprise prévoit de réaliser 1,2 milliard de dollars d’économies d’ici 2027 grâce à ces gains d’efficacité. À l’échelle de l’industrie, l’IA pourrait augmenter la productivité de 35 à 45 % en améliorant la prise de décision et les essais précliniques, devenant ainsi un avantage concurrentiel essentiel.