Home Accueil de nouvelles images exclusives rappellent l’urgence de trouver une solution pour Wikie et Keijo

de nouvelles images exclusives rappellent l’urgence de trouver une solution pour Wikie et Keijo

0 comments 22 views

Un an après sa fermeture, le sort des orques Wikie et Keijo au Marineland d’Antibes reste incertain, alors que les promesses d’une vie meilleure tardent à se concrétiser. L’état de ces animaux, toujours confinés dans leur bassin, suscite l’inquiétude des associations de défense des animaux et relance le débat sur la captivité des cétacés.

Des images récemment obtenues par drone révèlent la routine monotone des deux orques, une mère de 24 ans et son fils de 13 ans, qui passent leurs journées à tourner en rond dans leur bassin, sous l’observation de l’équipe soignante. « C’est honteux ! Comment peut-on laisser ces deux orques tourner en rond toute la journée ? Et pourquoi sont-ils séparés ? Leurs bassins ont l’air sale en plus », s’indigne l’auteur des vidéos.

La situation s’est dégradée depuis la mort d’Inouk en mars 2024 et la fermeture du parc, le 5 janvier 2025. Les 40 soigneurs toujours employés sur place sont parfois contraints de séparer Wikie et Keijo en raison de « tensions » ou de comportements sexuels de Keijo, une situation décrite comme « crève-cœur » par les acteurs de ce dossier.

Le Marineland, ouvert depuis 1970, a longtemps été un lieu de divertissement populaire, attirant des visiteurs de toute la France et du monde grâce à ses spectacles d’orques Calypso et Clovis. Cependant, la prise de conscience croissante concernant le bien-être animal a conduit à l’adoption d’une loi en 2021, initiée par Ségolène Royal, interdisant les spectacles de cétacés d’ici 2026.

Cette loi, saluée par les défenseurs des animaux, a mis en difficulté de nombreux établissements. Si la vente d’animaux à d’autres cirques ou zoos à l’étranger a été une solution pour certains, la situation du Marineland est plus complexe. Le parc est propriétaire de ses animaux, mais toute transaction de vente à l’étranger nécessite l’approbation du gouvernement français.

Depuis 2020, le Marineland a tenté de vendre ses orques, d’abord à la Chine, puis au Japon, mais ces projets se sont heurtés à une forte opposition des associations animalistes. Actuellement, le Loro Parque de Tenerife, en Espagne, se dit prêt à accueillir Wikie et Keijo, mais aucun accord n’a été donné par les ministres successifs de la Transition écologique : Barbara Pompili, Agnès Pannier-Runacher et, plus récemment, Mathieu Lefèvre.

Les associations, telles que One Voice, Sea Shepherd, Tilikum’s Spirit et Tide Breakers, plaident pour l’envoi des orques dans un sanctuaire, comme le Whale Sanctuary Project en Nouvelle-Écosse, au Canada. Ce projet, qui pourrait être opérationnel dès cet été, représente une alternative à la captivité, mais nécessite encore 15 millions de dollars (environ 12,7 millions d’euros) de financement.

Le Marineland exprime des réserves quant à la faisabilité du projet canadien, soulignant les nombreux travaux encore nécessaires et les coûts élevés d’entretien des orques, qui s’élèvent à une somme considérable pour les 40 employés toujours en poste. Le parc craint également que le financement du sanctuaire ne soit pas pérenne.

Muriel Arnal, présidente de One Voice, rétorque que « les orques sont des animaux à la symbolique très forte et des personnes sont prêtes à mettre beaucoup d’argent sur la table pour les sauver ». Elle est convaincue que les dons afflueront une fois que l’État donnera son accord.

Cependant, des doutes subsistent au sein même des associations de défense des animaux, certains regrettant que Wikie et Keijo ne soient pas intégrés à un groupe d’orques, plus conforme à leur nature sociale. Des experts, comme Rodolphe Delord, directeur du ZooParc de Beauval, et Martin Böye, directeur scientifique de la Loro Parque Fundacion, ont critiqué le projet canadien lors d’une audition au Sénat, le qualifiant de « solution carte postale » inadaptée aux besoins des animaux.

Le gouvernement semble jouer la montre, et une nouvelle réunion est prévue le 16 février au Ministère de la Transition écologique, en présence des associations, du Marineland et des spécialistes mondiaux des orques. L’avenir de Wikie et Keijo reste donc suspendu à cette rencontre, alors que Christine Ringuet, présidente de Tilikum’s Spirit, insiste sur le fait que « l’avenir ne peut pas s’imaginer ailleurs que dans un sanctuaire ».

Parallèlement, le sort des 11 dauphins restants au Marineland est également en suspens. Le parc a proposé de les transférer dans des parcs espagnols, mais l’État a annoncé la création d’un Centre d’Études, de Recherche Scientifique et de Sauvegarde pour Dauphins au zoo de Beauval, dont l’ouverture est prévue en 2027. Cette solution ne satisfait ni le Marineland, ni les associations, qui dénoncent une simple relocalisation des dauphins dans un grand delphinarium.

Les associations militent également pour l’envoi des dauphins dans un sanctuaire en Italie, et promettent de continuer leur combat pour offrir aux animaux une chance de vivre dans un environnement plus naturel, « même si c’est juste pour vivre une heure dans l’océan », selon Muriel Arnal.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.