Publié le 26 octobre 2025 17:00:00. Le contre-ténor Philippe Jaroussky explore les tourments de la jalousie à travers un répertoire de cantates profanes du XVIIIe siècle dans son nouvel album « Chanter dans la salle ». Un voyage émotionnel au cœur des passions humaines, interprété avec son ensemble Artaserse.
- Le contre-ténor Philippe Jaroussky consacre son dernier album aux cantates profanes inspirées par le thème de la jalousie.
- L’opus réunit des œuvres de compositeurs baroques et galants tels que Haendel, Vivaldi, Scarlatti, Porpora et Galuppi.
- Philippe Jaroussky et son Ensemble Artaserse explorent les nuances de cette émotion complexe, de la fureur à l’abattement.
Intitulé « Chanter dans la salle », le nouvel enregistrement de Philippe Jaroussky plonge dans le répertoire des cantates profanes, une forme musicale prisée au XVIIIe siècle pour explorer les affects humains. Au cœur de cet album se trouve le thème universel de la jalousie, source d’inspiration pour des compositeurs tels que Haendel, Vivaldi, Alessandro Scarlatti, Nicola Porpora et Baldassare Galuppi. Le titre même de l’album est un clin d’œil aux premières mondiales de deux cantates dédiées à ce sujet : « Pria, ben mio, così si fa » (La Jalousie) de Nicola Porpora et « La Gelosia » de Baldassare Galuppi, toutes deux sur un livret de Pietro Metastasio.
Ces œuvres narratives dressent le portrait de personnages aux prises avec la suspicion, l’infidélité réelle ou imaginée, et les tourments psychologiques qui en découlent : confusion, solitude, auto-accusation, désespoir, colère, voire folie. Les compositeurs ont exploité ces émotions intenses pour créer des airs virtuoses et expressifs, structurés dans le schéma classique récitatif-aria. L’album de Jaroussky propose une sélection de ces « tubes » ou raretés du genre, interprétées avec une sensibilité et une musicalité qui caractérisent l’artiste.
Le voyage stylistique proposé par l’album traverse le XVIIIe siècle, de la virtuosité baroque de Haendel (« Mi palpita il cor ») et Alessandro Scarlatti (« Ombre tacite e sole »), en passant par le lyrisme poignant et théâtral de Vivaldi (« Ferma, su, ferma »), jusqu’aux expressions plus mesurées et introspectives de Porpora et Galuppi, témoins d’une sensibilité plus tardive. Accompagné par son Ensemble Artaserse, un petit ensemble instrumental de sept musiciens (flûte, deux violons, alto, violoncelle, théorbe/guitare baroque et clavecin), Philippe Jaroussky déploie toute la richesse de son interprétation.
Fort de son expérience scénique, le contre-ténor, réputé pour son timbre chaud, son legato aérien, ses piani éthérés, ses aigus impressionnants et sa justesse d’intonation, captive par la diversité de ses couleurs vocales, la concentration de ses médiums et la précision de ses aigus. L’Ensemble Artaserse, sous sa direction musicale, dialogue avec le soliste avec une justesse d’intonation et une éloquence remarquables, faisant revivre ces trésors du répertoire vocal du XVIIIe siècle.
À découvrir, un extrait avec l’air « Giura il cor non sia mai » de « La Gelosia » de Galuppi : Écouter l’air sur YouTube.