Publié le 16 février 2026 10:01:00. Une vague de mécontentement traverse le corps enseignant colombien face à l’augmentation des retraites prévue pour 2026, jugée insuffisante par de nombreux retraités et dénoncée par les syndicats.
- Les enseignants retraités dénoncent une augmentation des pensions inférieure à l’inflation et à l’augmentation du salaire minimum.
- L’Association nationale des éducateurs retraités (Anep) appelle à une révision de la formule de calcul des pensions.
- Fecode soutient les revendications des retraités et plaide pour une augmentation annuelle plus juste des allocations.
Une profonde inquiétude agite la communauté éducative colombienne. L’annonce de l’augmentation des retraites pour 2026, bien que prévue par la loi, a suscité un vif mécontentement parmi les enseignants, tant actifs que retraités. Le principal grief concerne le montant de cette augmentation, jugé trop faible pour compenser la perte de pouvoir d’achat.
L’Association nationale des éducateurs retraités (Anep) a été la première à exprimer publiquement son désaccord. Plus de 250 000 enseignants retraités à travers le pays sont concernés par cette situation. Jorge Laverde, président de l’Anep, a déclaré :
« Il s’agit d’un réajustement qui nous a laissé très en retard et le pouvoir d’achat des retraités a été perdu. »
Jorge Laverde, président de l’Anep
Il souligne que l’augmentation prévue ne suit pas le rythme de l’inflation et de l’augmentation du salaire minimum.
Selon M. Laverde, l’augmentation du salaire minimum de 23 % pour 2026 contraste fortement avec le réajustement des pensions.
« Puisque cette année le salaire augmente de 23%, logiquement les retraites seront laissées pour compte. Nous perdons 17,9%. »
Jorge Laverde, président de l’Anep
La loi 100 de 1993 stipule que les pensions équivalentes à un salaire minimum (environ 1 750 905 $ colombiens) doivent être augmentées chaque année dans la même proportion que le salaire minimum. Cependant, l’Anep fait valoir que la majorité des enseignants retraités perçoivent des allocations supérieures à deux salaires minimum et ne bénéficient donc pas de cette augmentation intégrale.
Outre le montant de l’augmentation, les retraités dénoncent également les retenues sur leurs pensions. M. Laverde explique :
« Nous, les retraités, devons payer 12 % mensuellement si la pension s’élève à plus de trois salaires et 10 % si elle est comprise entre deux et trois salaires. Aucun enseignant ne gagne moins de deux salaires minimum de retraite ; nous sommes donc des victimes. »
Jorge Laverde, président de l’Anep
Il ajoute que le calcul des pensions ne prend pas en compte tous les facteurs salariaux accumulés au cours de la carrière des enseignants.
La Fédération colombienne des travailleurs de l’éducation (Fecode) s’est jointe à l’appel des enseignants retraités et demande une révision de l’article 14 de la loi 100. L’objectif est d’établir une formule permettant une augmentation annuelle des pensions jugée plus équitable. Selon Fecode :
« Les retraités et les enseignants du pays réclament une formule qui permette une augmentation annuelle équitable de leurs allocations, dans le cadre d’une discussion toujours en cours à la Table de concertation salariale. »